Un commentaire de Thibaut Hugé

Bouger, plus que jamais, est conseillé. Faire du sport, de façon modérée, renforce notre immunité. Malgré le confinement, il n’est donc pas question d’interdire aux sportifs amateurs d’enfiler leurs baskets au vu des recommandations faites par les autorités et les scientifiques à l’heure actuelle.

Les clubs et infrastructures sportives étant fermés alors que beaucoup voient leur quotidien chamboulé, il est logique de voir plus de runners qu’habituellement dans les rues. Et le retour du soleil ne fait qu’augmenter cette omniprésence des sportifs. Cela ne fait pas pour autant de ces personnes des "opportunistes" de la course à pied ni des voyous en puissance, comme certains peuvent le clamer.

Il y a par contre des comportements de bon sens à avoir, dont une partie des coureurs ne semblent pas encore avoir saisi l’importance et qu’il convient d’adapter en fonction de ses antécédents sportifs, de son état de santé mais aussi du lieu où on habite. Dans une situation de crise, il est primordial de se poser les bonnes questions et de réfléchir aux conséquences de ses comportements.

Continuer à courir avec son ami, qui lui-même aurait couru avec un autre ami la veille, nous semble dans le contexte actuel déraisonnable, même si cela n’est pas (encore) formellement interdit. Fatiguer son organisme à l’excès en courant après la performance et en faisant de la surenchère en menant à bien des défis toujours plus fous ne nous semble pas non plus approprié.

Il s’agit plutôt de se protéger, avec une activité physique modérée, et de protéger autrui, en réfléchissant à l’impact de ses actes. Si vous vous sentez affaibli, rangez vos baskets pour quelque temps. Si le parc de votre quartier vous empêche de courir pour respecter les règles de distanciation sociale, postposez votre activité. Et si vous n’avez plus couru depuis des mois, ne vous mettez pas subitement à accumuler les kilomètres tous les jours, sous peine de vous mettre en danger.

Aujourd’hui plus encore qu’hier, courir doit permettre de garder la forme et le moral. Mais sans se montrer égoïste pour maintenir à n’importe quel prix sa pratique.