En ces périodes de confinement et de limitation des sorties en groupe, on a vu fleurir toute une série d’alternatives pour faire du sport malgré tout. Dans certaines disciplines, il a fallu se montrer créatif. Dans d’autres, les adaptations furent plus faciles. Rameurs, vélos fixes, vélos elliptiques… tous ces engins de fitness à domicile ont eu beaucoup de succès ces derniers temps.

Quant aux coureurs, certains ont préféré s’entraîner sur tapis roulant. Mais est-ce réellement une bonne alternative ? Un article dans le Zatopek actuellement un kiosque fait le point sur ce sujet.

La philosophie du surplace

On sait que la perception d’un effort comme plus ou moins douloureux n’est pas toujours corrélée à sa difficulté réelle. Ici, c’est très curieux ! Certains prennent plaisir à courir sur tapis et, à l’issue d’une séance de trente minutes, par exemple, ils se sentiront plutôt moins fatigués qu’en extérieur. Pour d’autres, ce sera exactement l’inverse. Ils haïssent la salle et ne se prêtent à ce genre d’entraînement qu’en dernier recours. Par exemple, il faudra que la météo soit vraiment dégueulasse.

En course à pied, on le savait, l’aspect mental joue un très grand rôle. C’est encore plus vrai lorsqu’on s’entraîne sur tapis et qu’il faut pallier l’absence de stimulations sensorielles. Pas de petits oiseaux, pas d’odeur de fleur, pas de rayons de soleil. Les salles de sport manquent cruellement de charme. Pour ne pas trouver le temps trop long, chaque coureur possède sa stratégie. Certains en profitent pour écouter de la musique, des vidéos, des podcasts. D’autres préfèrent le silence. Et tout cela affecte évidemment leur perception des efforts sur tapis.

Le cœur ne fait pas la différence

Du strict point de vue de la dépense énergétique, en revanche, la concordance est presque parfaite, comme l’a révélé un article paru dans Sports Medicine, en mai 2019. Certains coureurs pensent qu’il est plus difficile de courir sur tapis et que donc, pour une même vitesse, on dépense plus d’énergie. D’autres prétendent le contraire.

Mais lorsqu’on se base sur la consommation d’oxygène pour estimer l’intensité de l’effort, on ne constate pas de différence. Cette expérience a été reproduite par plusieurs laboratoires à différentes allures de course. Les résultats sont pour une fois unanimes. Qu’on soit dehors ou dedans, la sollicitation de la filière aérobie reste inchangée pour une vitesse donnée.

En poussant plus loin les investigations, on repère cependant quelques nuances. Notamment la fréquence cardiaque moyenne qui semble être légèrement plus basse lorsqu’on court sur tapis. Pourquoi ? On n’en sait fichtrement rien.

Un peu moins rapide

Et ce n’est pas le seul sujet d’étonnement ! D’autres scientifiques se sont amusés à mesurer la performance en course à pied sur tapis roulant et à la comparer à la même performance sur route. Ici, clairement, les résultats sur tapis sont moins bons. Il faut plus de temps pour couvrir 5 ou 10 kilomètres sur tapis que sur route. Même constat lorsqu’on entreprend de parcourir la plus grande distance en un temps donné. En soixante minutes, par exemple, la performance "outdoor" sera de quelques centaines de mètres meilleure que le même effort en "indoor".

Est-ce gênant ? Non !

Dans 99 % des cas, on se sert du tapis comme d’un outil d’entraînement. Ce n’est donc pas un succédané de la piste sur lequel on ambitionne de battre des records. Quoique… avec la multiplication des challenges virtuels, il se pourrait qu’à l’avenir ces tapis soient utilisés comme des terrains de jeu et qu’ils servent toutes sortes de défis à distance.

Si tel est le cas, il faudra accepter l’idée que les performances seront moins bonnes que sur piste ou sur route, mais, comme le but de ces compétitions consiste à rivaliser avec les autres membres de la communauté, logés à même enseigne, cela ne change pas grand-chose.