Nouveau visage pour la Maxi-Race pour sa 10e édition: "On ne vivra plus les embouteillages de 2019"

La 10e édition de la Maxi-Race France va enfin pouvoir avoir lieu ces 30 et 31 octobre autour du Lac d’Annecy, après deux reports

Interview > Thibaut Hugé
Nouveau visage pour la Maxi-Race pour sa 10e édition: "On ne vivra plus les embouteillages de 2019"
©David Gonthier

Un embouteillage de coureurs en pleine montagne. L’image, quelques jours à peine après une autre montrant une file pour rejoindre l’Everest, avait fait le tour de la planète trail au lendemain de la Maxi-Race France 2019, l’un des rendez-vous les plus prisés des amateurs de course en montagne.

La faute, notamment, à une météo pluvieuse la nuit précédente ayant rendu certaines traces plus techniques mais aussi à une trop importante fréquentation d’une épreuve aux multiples formats, dont un 42 et 90 km très courus.

À l’aube d'une 10e édition postposée à deux reprises en raison du contexte sanitaire et qui se tiendra cette fois en automne plutôt qu'à la fin du printemps, l’organisation veut définitivement tourner la page de ce bad buzz. Et si ces bouchons n’ont touché "que" 10 % des quelque 9000 coureurs" engagés à l'époque, les amateurs attendaient une réaction de la part d’une épreuve devant apporter, au-delà du dépassement sportif, une expérience riche de rencontres avec la nature plutôt que des scènes dignes d’une capitale européenne en heures de pointe.

Et c’est ce qui a été fait, avec plusieurs adaptations notoires pour cette édition des retrouvailles après une longue absence. Qui se matérialisent notamment par une diminution de près de la moitié de la participation globale (5000 coureurs maximum au lieu de 10000 maximum et 3000 maximum par jour de course), la création de nouveaux formats de course et la mise sur pied de différentes vagues de départ pour améliorer le flux.

L'occasion pour nous de revenir sur un entretien réalisé en février 2020 avec Stéphane Agnoli, directeur de course de la Maxi-Race France, quelques mois avant ce qui devait déjà être la 10e édition. Avant que, crise sanitaire oblige, tout le monde soit obligé de prendre patience.

Stéphane Agnoli, comment avez-vous vécu les semaines qui ont suivi cette édition 2019 ?

"Un sondage réalisé auprès des participants a montré que 90 % d’entre eux avaient vécu une belle expérience. N’empêche, 10 % de personnes concernées par des bouchons, c’est trop. Et vivre pareille scène n’est jamais une finalité pour une organisation de grande ampleur. Personnellement, j’ai réussi à mettre une carapace pour me protéger des critiques venues des réseaux sociaux. J’avais déjà connu l’annulation de 2013 en raison de chutes de neige en basse altitude. Ce fut moins facile pour certains au sein de l’équipe. La critique sur les réseaux sociaux peut être prise comme une injustice vu le travail effectué en amont. Mais il fallait réagir…"

Comment ?

"De multiples manières. En partant des faits tout d’abord. Sur les 2000 engagés sur la Marathon Race en 2019, 800 n’avaient en fait aucune expérience du trail, c’est-à-dire aucun point ITRA. L’attrait de la discipline fait que le public évolue. Je le reconnais, on s’est fait surprendre par cela et, conjugué à la météo, c’est un des éléments qui a provoqué les bouchons sur des passages devenus plus techniques. Cette fois, on a fait le choix de proposer la Marathon Race pour un public déjà quelque peu expérimenté et compétitif d’une part et, d’autre part, une Marathon Expérience, pour un public privilégiant la découverte au chrono. Sur deux parcours différents, celui de la Marathon Expérience étant plus accessible tout en proposant toujours une vraie expérience en montagne (2500 D +) et avec des vues tout aussi superbes. On a aussi diminué le nombre de participants de façon globale, de 10000 maximum à 5000. Au niveau international, je ne connais pas d’autres épreuves ayant pris cette voie qui n’est pas évidente sur un plan strictement financier. Sur la Maxi-Race, on passe, par exemple, de 2000 à 1300 traileurs ou encore de 1000 à 700 sur l’Ultra Race. Ce n’est pas rien. À cela, il faut encore ajouter des départs par vagues (NdlR: de 250 à 500 coureurs, également en raison du contexte sanitaire)."

Nouveau visage pour la Maxi-Race pour sa 10e édition: "On ne vivra plus les embouteillages de 2019"
©David Gonthier

Avec ces adaptations, vous pouvez désormais garantir que les problèmes rencontrés en 2019 ne seront plus de la partie pour la 10e édition ?

"Ce que je peux assurer, c’est qu’on ne vivra plus ce qu’on a connu en 2019. Après, la montagne reste la montagne et on n’est jamais à l’abri qu’un autre élément incontrôlable vienne perturber l’une des épreuves. Mais, je pense, nous faisons tout ce que nous pouvons pour anticiper au maximum et offrir la meilleure expérience possible aux participants. Rien que la diminution de la fréquentation totale me semble être révélatrice de cette volonté."

Séparer la Marathon Race en deux événements, l’un destiné aux plus compétitifs et l’autre plus centré sur l’expérience, fut-elle une décision difficile à prendre ?

"Pas spécialement, non. Au niveau logistique, oui, car cela multiplie le travail. Mais la Maxi-Race a toujours eu pour volonté d’être un événement pour tous les publics, tous les niveaux. Bien sûr, on a accueilli les Championnats du Monde par le passé mais, au-delà des élites, Annecy et sa région sont un formidable terrain à découvrir."

Au final, vous êtes sorti grandi de l’édition 2019 ?

"Plutôt plus petit si on regarde le format de l’édition à venir. (rires) Mais, oui, on apprend tout le temps. Et plus encore quand tout ne se déroule pas comme il faut. On s’est remis en question par rapport à ce que nous avons vécu afin d’offrir la plus belle expérience possible dans un cadre qui, à nos yeux, est fantastique."


Nouveau visage pour la Maxi-Race pour sa 10e édition: "On ne vivra plus les embouteillages de 2019"
©David Gonthier

Maxi-Race 2021, ce qui va changer

  • Diminution de près de 50% du nombre de coureurs total présents sur l'ensemble de l'évènement par rapport à 2019.
  • Des départs par vagues (de 250 à 500 coureurs, selon les formats)
  • Deux formats "marathons" différents : la Marathon-Expérience (42 km/2500 D +) et la Marathon Race (39 km/3200 D +/minimum 450 points ITRA).

Maxi-Race 2022

  • La course se tiendra à nouveau à sa date historique, le dernier week-end de mai, les samedi 28 et dimanche 29 mai.
  • Les inscriptions ouvriront le lundi 15 novembre 2021 à midi pour tout les formats
  • Les courses en 2 jours (XL et XXL-Race) et la R-Race 2 ne seront pas organisées en 2022.


>>> Infos: www.maxi-race.org/fr/france/

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