L’histoire de Fauja Singh est proprement incroyable. À l’âge de 101 ans, ce ressortissant indien exilé en Angleterre a battu tous les records du monde de course à pied dans sa catégorie d’âge, du 100 m au marathon.

Oui, vous avez bien lu : le marathon !

En octobre 2011, il a terminé celui de Toronto, en 8 heures et 25 minutes, ce qui fait de lui le plus vieux "finisher" de l’histoire de l’athlétisme. En juin 2018, il s’alignait encore sur une épreuve plus courte à Birmingham. Puis il a pris sa retraite sportive.

Un enfant chétif, un vieillard sportif

Fauja Singh a vu le jour dans le Penjab, une région au nord de l’Inde, le 1er avril 1911. C’est aussi là-bas qu’il a vécu l’essentiel de son existence, cultivant son lopin de terre avec sa femme et ses enfants. On dit de lui qu’il était un enfant fragile et qu’il a appris à marcher à l’âge de 5 ans. Il ne devait pas faire de vieux os. Mais contre toutes attentes, il a pratiquement enterré tous les siens ! Sa femme est morte de vieillesse en 1995. Il a aussi perdu une fille en couches. Son plus jeune fils a été décapité accidentellement devant ses yeux lors d’une tempête.

À 85 ans, il se retrouve seul. Il décide alors de rejoindre sa famille exilée en Angleterre. Et il s’y ennuie à mourir. Il a bientôt 90 ans mais il se sent en forme. Il rejoint alors un groupe de coureurs sikhs à l’entraînement. Puis il s’inscrit dans des petites courses de la région où, bien sûr, il ne passe pas inaperçu. Progressivement, il allonge les distances.

Au total, il fera neuf marathons avec un record personnel de 5 heures 40 à Toronto en 2003. Quand il a eu 100 ans, il s’est mis en tête de battre tous les records de sa catégorie d’âge, du 100 m au marathon.

Un livre avec ses secrets

Aujourd’hui, une hernie l’empêche d’encore courir mais il marche toujours près de huit kilomètres par jour et possède un emploi du temps bien chargé : il est invité partout dans le monde, il a tourné dans des spots publicitaires et il fait campagne pour l’association PETA contre la cruauté envers les animaux. Il a aussi écrit un livre intitulé The Turbaned Tornado où il révèle les secrets de sa longévité. Pas de viande, pas d’alcool, pas de riz, pas de nourriture cuite dans la graisse. Beaucoup de sommeil. Une alimentation exclusivement végétale. Beaucoup d’eau et de thé au gingembre. Et de la course à pied. La recette miracle ?

Secret ou mensonge?

L’histoire de Fauja Singh est inspirante. On ne peut malheureusement pas être tout à fait sûr qu’elle soit vraie dans la mesure où, le concernant, on ne possède pas d’acte de naissance qui permettrait d’authentifier son âge. C’est d’ailleurs un problème récurrent avec les centenaires. On n’est jamais sûr de leur âge véritable.

Pendant longtemps, on donnait ainsi comme record absolu de longévité chez les hommes celui du Japonais Shigechiyo Izumi (120 ans) et, chez les dames, celui de Jeanne Calment (122 ans). Seulement, des enquêtes ont montré que pour Izumi, on avait confondu son certificat de naissance avec celui d’un grand frère mort-né quinze ans auparavant. Il n’aurait donc eu "que" 105 ans. Quant à Jeanne Calment, des chercheurs russes l’ont carrément accusée d’usurpation d’identité. Celle qui est morte à 122 ans pourrait n’être que la fille de Jeanne Calment qui n’aurait de ce fait atteint "que" 99 ans ! La question n’est pas tranchée. Surtout en France où la longévité réelle de la centenaire fait l’objet de débats passionnés.

Contentons-nous donc de recommander un minimum de scepticisme à chaque fois qu’une information surprenante percole dans les médias. Quand une histoire est trop belle, il arrive souvent qu’elle soit fausse !