Running Grâce à Jean-François Lenvain, l’ex footballeur Stéphane Stassin a trouvé sa nouvelle drogue : la course. il sera au départ du marathon de Paris le 9 avril

Comme d’autres anciens footballeurs pros, Stéphane Stassin a réussi sa reconversion, qu’elle soit professionnelle ou sportive. Celui qui s’occupe aujourd’hui des U19 et des U21 au Sporting d’Anderlecht s’est découvert sur le tard une passion pour la course à pied. Une passion qui l’a étonné au départ mais qui, désormais, est devenue une drogue.

"Quand j’ai arrêté ma carrière de joueur professionnel, j’ai aussi arrêté le sport du jour au lendemain. Franchement, c’était un plaisir de n’avoir plus mal nulle part. Mais j’ai très vite pris du poids et me sentais souvent fatigué. Un jour où je partais en tournoi avec mes jeunes, Jean-François Lenvain m’a invité à courir."

Le voisin sonégien, également actif chez les Mauves comme responsable de la cellule sociale, fut l’élément déclencheur mais il est aussi aujourd’hui celui qui canalise l’ancien joueur. "On ne peut pas dire que je prenais beaucoup de plaisir au départ et on en a beaucoup discuté ensemble. Je ne me sentais pas bien et, un jour, il m’a conseillé de me tourner vers des baskets adaptées à la course et, depuis ce jour-là, je n’ai plus jamais rien senti. J’ai commencé à prendre du plaisir, je me sentais beaucoup mieux."

Au point d’accepter les défis lancés par son pote sonégien… "Il m’a dit de toujours me fixer un objectif. Un jour, il m’a suggéré de faire les 20 Kilomètres de Bruxelles, six ou sept mois plus tard, avec son association Tous à Bord. Je croyais vraiment que je n’y arriverais jamais. J’ai toujours été un compétiteur mais là, je n’avais plus envie de me faire mal à l’entraînement. Ce qui me convenait au départ dans le défi de Jean-François, c’est qu’il n’y avait pas d’objectif temps. On courait avec des personnes différentes, devant les autres participants, et ça me convenait beaucoup mieux."

Toujours plus loin...

Le Brainois montait alors dans les tours et dans les distances pour atteindre, à l’entraînement, son premier objectif. "J’ai commencé trois fois par semaine avec 45 minutes, puis une heure, et toujours un peu plus. Lorsque j’ai réussi à boucler mes premiers 20 km un vendredi matin, je lui ai envoyé un message pour lui dire qu’il était malade. Mais c’était devenu une drogue."

Les joueurs de foot ne sont pas forcément amoureux de la course, lorsqu’ils sont en pleine carrière. Pourtant, Stéphane n’a jamais rechigné au travail. "C’est vrai qu’à mon poste, il fallait courir beaucoup. Je ne l’ai jamais fait par plaisir mais pour l’entraînement. Quand je jouais moins, j’allais courir tout seul pendant 40 ou 45 minutes. Ca ne m’a jamais dérangé. Aujourd’hui, j’habite à 500 mètres du bois et j’adore aller y courir et me retrouver seul. J’avais envie de ne rien faire mais désormais, j’ai beaucoup plus d’énergie et ça se ressent même dans mon coaching."

Reste que ce sont ces petites rencontres fortuites qui vous guident vers la voie à suivre. "En tant que voisins, Jean-François, j’en avais entendu parler et quand on s’est rencontré au Sporting, on a tout de suite accroché. J’ai parfois l’impression que ce que je fais est difficile mais quand je vois le programme qu’il s’impose chaque jour…"

Contrairement à d’autres, on ne verra pas l’ancien Mauve dans tous les joggings de la région. "J’en ai fait un il y a peu. Il était organisé par Thierry Hazard. Je me dis que j’y vais pour courir doucement mais quand je suis dedans, c’est plus fort que moi."

Avec une épouse dans la diététique, Stéphane Stassin dispose d’un autre atout pour s’adonner à sa passion dans les meilleures conditions. "Je me sentais lourd au début, mais aussi parce que j’avais pris du muscle. J’ai changé mon alimentation tout en diminuant la musculation et c’est mieux. Le tout est de trouver le bon équilibre."

Et à le voir au top de sa forme, on se dit qu’il ne pourrait pas être mieux pour l’un des plus gros défis qu’il s’est lancé dans toute sa vie : ce fameux Marathon de Paris auquel il prendra part la 9 avril prochain.

Grégory Dufert