Ce sont des images et des histoires comme seul l'ultra-trail peut en offrir. Ce jeudi en début d'après-midi à Courmayeur, le Suisse Jules-Henri Gabioud et le Franco-italien Luca Papi ont franchi ensemble la ligne d'arrivée de la 2e édition du Tor des Glaciers, cette course démesurée de 450 km pour 32000 mètres de dénivelé positif à travers le Val d'Aoste (Ita). Une distance surhumaine sur laquelle ils n'auront donc pas souhaité se départager.

Le Suisse, qui fut voici dix ans le plus jeune lauréat (24 ans) du Tor des Géants (la course historique de l'organisation, en version 330 km), et le Franco-italien, vainqueur en 2019 de cette même épreuve, ont partagé tout au long de la route leur effort.


"On s'entraidait quand c'était dur. Ce fut magique car, dès le début de course, on avait les mêmes idées", soufflait Jules-Henri Gabioud sur la ligne d'arrivée.

Le visage fatigué par le manque de sommeil et l'effort, Luca Papi, véritable boulimique de l'ultra, abondait de le même sens en partageant son exploit dans la dernière descente vers Courmayeur. "Avec Jules-Henri, on est en train de réaliser qu'on est en train de terminer et, surtout, de gagner", souriait-il. "Et il va me manquer celui-là. Dès ce vendredi, il n'y aura plus personne qui va me réveiller au bout d'un quart d'heure pour me dire qu'il faut se lever et repartir. Et lui, il, n'aura plus personne pour le pousser dans les montées (rires). On a vraiment eu une gestion proche de la perfection. On en a profité et pris du plaisir tout au long du parcours, sans jamais se mettre dans le rouge. Au final, on finit et on finit bien."

Jules-Henri Gabioud avait remporté la PTL et ses quelques 300 km fin août, avec son frère, dans le cadre de l'UTMB. Luca Papi, de son côté a enchaîné TDS (145 km) et SwissPeaks 360 avant ce Tor des Glaciers. De sacrés morceaux! 

Une femme à la 3e place

Les deux lauréats de cette course, née en 2019 pour fêter les 10 ans du Tor des Géants, auront mis 138 heures et 17 minutes pour boucler le parcours. Le 3e classé, toujours en course, est aussi la première femme, la Canadienne Stéphanie Case.