Kilian Jornet, le traileur le plus décoré de l’histoire de ce sport et l’homme qui a gravi le Mont Everest deux fois en une semaine, s’est fixé un nouveau défi. Comme il l’avait laissé entendre récemment, le jeune papa s’apprête à tenter de battre le record du monde du 24 heures sur piste. Pour rappel, celui-ci est détenu depuis 1997 par le Grec Yiannis Kouros avec 303,5 km. Cette tentative devrait finalement avoir lieu ce vendredi 27 nivembre, en Norvège, sur la piste de Mandalen. Le tout est intitulé "Phantasm 24", du nom des chaussures Salomon S/LAB Phantasm qu’il utilisera pour tenter de mener à bien ce défi.

"Ce qui me motive, c’est sortir de ma zone de confort, essayer des choses différentes et voir ce dont je suis capable, qu’il s’agisse de grimper à haute altitude ou, dans le cas présent, de courir sur terrain plat", déclare Kilian Jornet. "C’est amusant de découvrir les différentes choses que je peux faire. En plus d’être un bon test, s’entraîner sur le plat est l’occasion d’en apprendre davantage en matière de nutrition et de rythme, puis d’appliquer ces connaissances à d’autres activités, même à l’alpinisme par exemple."

Plusieurs coureurs d’ultra norvégiens accomplis participeront également à l’épreuve, afin que celle-ci, diffusée en direct, puisse être officielle. Le stade sera néanmoins interdit au public, Covid-19 oblige. A noter que le sens de la course changera tous les 4 heures.

"J'ai dû travailler ma vitesse"

Kilian Jornet n’a fixé aucun objectif chiffré avant cette tentative, qualifiant simplement la performance de Yiannis Kouros comme étant "absolument dingue".

"Ça fait tellement de kilomètres que je n’arrive même pas à me le représenter. J’ai vu les temps intermédiaires de Yiannis, je vais essayer de m’y tenir aussi longtemps que possible. Je connais la vitesse horaire que je dois maintenir, donc je connais le rythme pour chaque kilomètre et chaque tour. Bien entendu, les 10 premières heures seront plus rapides, puis je ralentirai toutes les heures. J’ai un plan et je sais à quelle allure je veux courir chaque heure. L’essentiel est de ne pas avoir de problèmes musculaires et d’arriver à manger sans avoir de grosses périodes de relâchement."

© Salomon

Habitué à courir (et à gagner) des courses mythiques telles que l’Ultra-Trail du Mont Blanc (UTMB), la Hardrock 100, la Western States 100 et d’innombrables marathons de montagne aux quatre coins du globe, Jornet a demandé les conseils spécialisés d’entraîneurs et de kinésithérapeutes lorsqu’il a intégré plus de travail sur la vitesse dans son entraînement.

"Nous, les sportifs de montagne, nous avons un gros moteur, donc c’est facile côté cardio et endurance", ajoute encore Jornet. "Je dois surtout travailler la vitesse parce que mes jambes ne sont pas habituées à bouger aussi rapidement. Pour me préparer, j’ai consacré trois jours par semaine au travail de la vitesse sur piste ou sur route. Mais la façon dont on court sur le plat est très différente de la course en montagne, où on lève les jambes plus haut pour franchir les obstacles et avec des appuis différents à cause des variations du terrain."


S’adapter à la course sur le plat

Une grande partie des recherches de Jornet sur l’entraînement avait pour principal objectif de réduire au minimum les blessures potentielles dues au mouvement répétitif de la course sur le plat. En fait, il a été forcé de reporter sa tentative des 24 heures ces dernières semaines en raison de blessures musculaires persistantes survenues avant sa première compétition sur route de 10 km, la célèbre Hytteplanmila en Norvège, qu’il a bouclée en 29:59 mi-octobre.

"Je pense que le plus grand défi est de réussir à s’entraîner régulièrement sans se blesser car la transition vers le plat est très dure pour les muscles", confie Jornet. "L’entraînement a été un peu frustrant ces derniers mois, où j’ai enchaîné les blessures. J’avais de bonnes périodes, puis je me retrouvais avec une blessure qui me condamnait au repos. Après la course de 10 km, j’ai dû arrêter l’entraînement pour guérir une blessure. Maintenant, mon plan consiste à faire une bonne semaine d’entraînement et voir comment mon corps réagit, puis à laisser les tissus musculaires se reposer et récupérer avant la tentative."


Une chaussure en vedette

Pour sa tentative de 24 heures, Jornet portera la nouvelle Salomon S/LAB Phantasm, une chaussure de course sur route ultra-légère qui sera commercialisée au printemps 2021, et qu’il utilise déjà depuis plusieurs mois pour ses séances d’entraînement sur piste et sur route. Ayant donné son nom à cette tentative, elle sera, avec Kilian Jornet, la vedette de ce défi.

"J’ai testé les prototypes de la S/LAB Phantasm il y a un an, et maintenant j’utilise le même modèle que celui qui sera proposé au public au printemps", indique Jornet. "C’est une super chaussure de running sur route. Elle est légère, très réactive et bien équilibrée avec un bon amorti, ce qui est crucial lorsqu’on s’entraîne longtemps sur des surfaces dures. Et l’adhérence est vraiment excellente, même sur terrain humide, ce qui est aussi important."

© Salomon

Mise au point avec des athlètes d’élite, la S/LAB Phantasm est une chaussure de course dynamique plate (drop de 6 mm) qui privilégie la légèreté, la respirabilité et une transition rapide, obtenue grâce au profil incurvé rappelant le rocker d’un ski et à la mousse la plus légère et réactive de Salomon, appelée Energy Surge. Dotée d’une tige respirante et presque invisible en mesh de TPU, cette chaussure est un véritable poids plume (199 g).

"C’est cool de voir Salomon faire des choses différentes comme ça maintenant dans les chaussures de running. Certains éléments tirés de leur expérience de la course en montagne – comme la légèreté, le chaussant incroyable et la tige respirante – ont été appliqués à la Phantasm. Et certaines caractéristiques spécifiques à la route, comme l’amorti, permettront d’améliorer les chaussures destinées à la montagne."