Une fois que vous passez le cap d’une pratique sportive de type épisodique ou récréative et que vous devenez plus régulier et plus demandeur d’efforts intenses, il s’agit de prendre certaines précautions médicales. Voire de passer certains examens qui objectiveront votre état de forme. L’un des plus pratiqués dans les sports d’endurance (running, cyclisme, natation…) est l’analyse sanguine, souvent doublée d’un examen des urines. Premier intérêt : mettre le doigt sur d’éventuelles carences minérales…

"C’est un examen qui concerne Monsieur et Madame Tout-le-Monde", nous explique Philippe Evain, médecin sportif depuis 1992. "Il permet de voir si les pratiquants souffrent de déficit au niveau des minéraux et des vitamines. Un peu comme les travailleurs manuels ou les travailleurs de force, les sportifs présentent plus le risque d’être carencés…"

Il est conseillé de procéder à une analyse sanguine une fois par an, de préférence chaque fois à la même époque, à savoir vers septembre ou octobre. "On est généralement là à la fin de la saison, donc à l’heure d’un bilan", reprend Philippe Evain, 54 ans. "Les éventuelles carences observées seront traitées dans la foulée, de manière à recommencer un cycle de grosse préparation et de compétitions avec tous les niveaux au maximum. Autre intérêt de la période : la compensation d’un faible taux en vitamines D. Le fait qu’il y a moins de soleil en automne et en hiver, facteur de production naturelle de cette vitamine importante, n’aide pas à rehausser un stock bas."

Acide folique, fer, vitamine B12…

Après discussion avec son patient au sujet de sa charge d’entraînement, de son alimentation ou encore de son ressenti du moment (fatigue ? ras-le-bol ? mauvais sommeil ?), le médecin cochera les paramètres sanguins à étudier. Pour un sport comme la course à pied, on ira principalement chercher d’éventuelles carences du côté de l’acide folique, du fer et de la vitamine B12, autant de "matériaux" de base pour la fabrication des globules rouges, transporteurs d’oxygène. À chaque contracture musculaire, le sportif écrase des globules et l’organisme doit donc en refaire fréquemment. Qui plus est, la B12 donne de l’énergie et est aussi un anti-dépresseur. Quant à la Vitamine D évoquée plus haut, elle fixe calcium, fer et magnésium. Dans les autres paramètres sanguins généralement étudiés, il y a également la testostérone et le zinc, ce dernier étant fort utile dans la stimulation du système immunitaire. Enfin, on profite aussi de l’examen pour jeter un coup d’œil sur le cholestérol, le diabète et pour détecter d’éventuelles infections…

Lorsque les résultats seront connus, patient et médecin se retrouvent pour en discuter. Des suppléments seront généralement prescrits et des conseils alimentaires seront donnés, comme, par exemple, "Fer et B12 se retrouvent surtout dans la viande, voire les abats" ou "Fruits et légumes sont des sources d’acide folique."

"L’idéal est d’être dans le préventif pour rester un maximum en bonne santé", termine Philippe Evain. "Une alimentation équilibrée et saine aide beaucoup. Surtout de nos jours. On se rend en effet compte qu’avec la pollution et la nourriture industrielle, il y a moins de vitamines et de bons minéraux qu’il y a 50 ans dans l’alimentation en général. Faites également attention à l’équilibre de votre entraînement. Trop de volume, trop d’intensité, pas assez de récupération provoquent des carences. Même chose en ce qui concerne les changements brutaux dans la charge. Passer d’un coup de 80 km/semaine à 120, cela peut faire mal à ce niveau-là…"