Le Grand Trail de Bouillon revient ce samedi avec un parcours quelque peu adapté pour offrir de la nouveauté aux traileurs

On ne présente plus la Bouillonante, ce monument du trail belge mis sur pied chaque année en avril par le clan Van Gasse et son équipe dans une des régions qui s’y prêtent le mieux en Belgique.

Pour la 13e édition ce 21 avril, les organisateurs ont prévu quelques petits changements sur la distance reine du 50 km (2.450 D +), histoire de mettre les nombreux participants dans les cordes. Un 29 km (1.300 D +) et un 15 km (600 D +) auront également lieu ce même jour, en plus d’un 15 km by night (650 D +) le vendredi. Sans oublier un trail pour les entants de 5 km le samedi.

La seconde reconnaissance de La Bouillonnante a eu lieu un bon mois avant la course. L’occasion de vérifier le parcours. "On ne sait jamais si un arbre est tombé ou si un passage a été bloqué…", sourit Patrick Van Gasse. Belgium Running était évidemment de la partie et on le confirme : la route est dégagée… ou presque.


"Une nouvelle crête bien sauvage"

Les surprises auront lieu d’entrée de jeu et peu de kilomètres après le départ qui a toujours pour superbe cadre le château de Bouillon, également lieu d’arrivée. "La base, appréciée, reste classique", confie toutefois Patrick. "Enfin, classique mais bien dure, hein !" Le paternel de la famille Van Gasse, amoureux de la région, a parcouru les environs des centaines de fois. "Nous avons développé le parcours comme ça. Parfois, en nous promenant en famille, nous nous apercevions qu’il était possible de trouver des chemins alternatifs."

Le tracé a été modifié au fil des années pour atteindre sa forme presque finale. "On garde le même start assez plat pour éviter les bouchons", explique Étienne Van Gasse tout en courant à nos côtés sur la seule section plate du début de course. "Cela permet de faire un premier tri avant de monter."

Les coureurs enchaînent alors les côtes. On a pu en compter cinq costaudes en une bonne dizaine de kilomètres. "C’est la particularité", sourit Patrick. "Ici, ça n’arrête jamais..."

La reconnaissance a lieu sous un grand soleil qui baigne les berges de la Semois. Des conditions dont rêvent les organisateurs. "Surtout qu’avec l’hiver qui a tiré en longueur, les arbres n’auront pas toutes leurs feuilles et la vue sera bien dégagée."



Une région taillée pour le trail

Il ne faut pas faire plus de trois kilomètres pour admirer la beauté de la région. Les chemins du début de course sont larges dans les montées et bien rocailleux dans les descentes. De quoi faire monter l’adrénaline chez les coureurs.

La surprise arrive un peu plus loin. "Nous avons retrouvé un chemin qui existait jadis", lance théâtralement Patrick alors qu’on fait une petite pause. "D’habitude, nous devions contourner le début des crêtes de Frahan. Ici, nous allons passer sur les trois. C’est une nouveauté."

Une fois arrivé sur les hauteurs de la région, le chemin des crêtes est difficilement visible. "C’est bien sauvage", sourit Étienne Van Gasse.

Et c’est le moins qu’on puisse dire. Pour passer, il faut se battre contre les branches et éviter de s’emmêler les pieds. Le tracé, qui n’en a que le nom, est rapide, sinueux et très technique avec des passages trop petits pour une personne normale.

"La suite est entièrement reprise de la dernière édition", nous explique Étienne Van Gasse. À une exception près sur la fin. "Lors du passage à gué, nous avons un peu modifié le tracé pour le rendre plus sauvage."

C’est décidément le mot d’ordre pour l’édition 2018 de La Bouillonnante qui promet encore d’autres surprises en dehors du parcours. "Mais on garde ça secret jusqu’au jour J."

© pierre deneve

Pourquoi reconnaître un tracé connu ?

Etienne et Patrick Van Gasse ont expliqué l’importance d’aller reconnaître le tracé de la course.

  • Pour la sécurité : “Nous avons déjà eu des éditions avec des conditions folles et il faut que le service médical puisse intervenir rapidement pour gérer les blessures et autres pépins. Le fait de connaître le terrain est un énorme avantage au moment fatidique.”
  • Pour le balisage : “Certains passages sont empruntés deux fois mais avec des variantes. Il faut être capable de changer rapidement les flèches pour éviter que tout le monde se perde ou emprunte le mauvais chemin. On a déjà eu des cas de coureurs qui s’amusaient à enlever le balisage et seuls des bénévoles bien préparés peuvent rattraper le coup.”
  • Pour le plaisir : “C’est aussi l’occasion pour toute l’équipe de se rassembler autour d’un verre et d’un repas après la reconnaissance. Ça renforce l’ambiance de groupe avant le jour J.”