Running

Derrière l’un des plus beaux trails organisés en Belgique se cache la famille Van Gasse. 

Rencontre avec des passionnésLa famille Van Gasse a le sourire. Patrick, le paternel, son épouse Nicole, et leur deuxième fiston Etienne, l’un des fers de lance du trail belge, s’apprêtent une nouvelle fois à partager ces 21 et 22 avril leur amour d’une région à des centaines de coureurs en quête de dépassement de soi mais aussi de dépaysement dans des décors à couper le souffle. Tous trois, en compagnie de Sébastien Sarrazin, forment la base de l’équipe qui gère la Bouillonnante, un nom qui sonne aujourd’hui comme un incontournable aux oreilles des amoureux de la course nature en Belgique.

L’épreuve ardennaise, qui en est à sa 12e édition cette année, repose sur cette richesse et cette diversité qu’offre la nature dans ce coin de la province de Luxembourg. À cela est venu se greffer l’enthousiasme de passionnés qui ont su mettre sur pied une organisation de qualité et concocter chaque année des parcours à couper le souffle. Le tout fait que, désormais, les dossards, plusieurs semaines avant l’événement, s’arrachent comme des petits pains, quitte à en laisser quelques-uns sur le carreau. Signe de la qualité de l’organisation, l’épreuve a rejoint cette année le prestigieux Salomon Over the Mountain Running Challenge, où la Bouillonnante côtoie des trails arpentant les pentes du Ventoux ou les contreforts du Mont-Blanc…

Sur base d’une idée folle…

En 2006, le clan Van Gasse était pourtant loin d’imaginer pouvoir dresser un tel portrait d’une course qui n’était alors "qu’une idée un peu folle", selon les propres mots de Patrick et Nicole, que nous avons rencontrés à leur domicile à Waterloo, en compagnie d’Etienne. Un fiston de bientôt 33 ans qui s’apprêtait alors à aller courir le Trail du Ventoux mais qui, au début de la Bouillonnante était bien loin d’imaginer qu’il trouverait du plaisir dans un sport qu’il trouvait, pour rester poli, "un peu stupide". Son truc à lui, à cette époque, c’était plutôt le demi-fond sur une piste d’athlétisme et son grand frère, Laurent, avançait bien plus d’affinités avec cette discipline qui, voici un peu plus dix ans, était loin d’être à la mode.

© D. R.

"C’est l’orientation, que nous pratiquions tous, qui nous a donné ce goût pour des parcours de qualité en pleine nature", débute Patrick Van Gasse. "Avec quelques dissidents, nous nous sommes laissés tenter par une participation au Festival des Templiers (NdlR : qui se définit comme étant le premier événement mondial en trail avec plus de 10.000 coureurs et plus de 45 nationalités). Nous avons adoré. Et pris goût à ce type d’épreuves. Amoureux de la région de Bouillon, où nous avons une maison, nous nous sommes dit qu’il y avait là tous les ingrédients pour mettre sur pied une pareille organisation en Belgique."

Rien à envier aux courses à l’étranger

Accompagnés de quelques amis, ils sortirent chacun 50 € de leur portefeuille pour organiser la première Bouillonnante. "On s’est dit, ‘ c’est de l’argent perdu ’", en rigole encore Patrick Van Gasse. Des centaines de flyers distribués et d’affiches collées plus tard, la première fut, déjà, un succès. De 450 partants, l’organisation grimpa rapidement à 600, puis à 1.000, pour atteindre aujourd’hui plus de 2.000 partants sur les trois distances du samedi, chiffre plafonné afin de garantir une qualité optimale d’accueil et de confort avant, pendant et après la course. "Le relief est évidemment différent de ce qu’on peut trouver dans certains massifs à l’étranger mais les parcours y sont au moins aussi beaux", soutient Etienne Van Gasse avec son œil d’expert sur une discipline qu’il maîtrise. "Il y a des points de vue exceptionnels, où on ne peut qu’être ébahi face à la beauté de la nature. Ce n’est d’ailleurs pas uniquement propre à la Bouillonnante car la Belgique offre de nombreux terrains de jeu pour la pratique du trail."

© D. R.

Plus que jamais, c’est la volonté de partager des parcours qu’ils connaissent sur les bouts des doigts qui anime le clan Van Gasse. "Faire monter et descendre les coureurs juste pour manger du dénivelé positif, comme on peut le voir sur certaines organisations, cela ne m’intéresse pas", lâche Patrick, professeur d’éducation physique à la Haute École Francisco Ferrer, où Etienne travaille également désormais. "Nous voulons offrir quelque chose de beau sur la carte, offrir un voyage, comme nous l’avons ressenti en prenant part aux Templiers. Il faut des difficultés, oui, mais aussi de beaux panoramas, de beaux sentiers…"

Une beauté qui attire toujours plus de monde et face à laquelle la Bouillonnante sait qu’elle doit se protéger pour rester fidèle à sa philosophie. "Oui, nous affichons vite complet et c’est un peu dommage. Mais nous n’avons pas le choix, il en va du confort des participants", avoue Nicole qui, dans la discrétion, ne compte pas ses heures pour qu’aucun grain de sable ne vienne perturber une organisation qui mobilise plusieurs dizaines de bénévoles le Jour J et qui, cette année encore, démontrera que trail et Belgique vont décidément bien ensemble.