Que ce soit pour récolter des dons en faveur d’associations ou tout simplement pimenter leur effort, de plus en plus de participants choisissent de courir déguisés.

Il y a quelques années, un article paru dans le magazine Zatopek n’avait pas hésité à comparer la nouvelle génération de coureurs aux pénitents du Moyen Âge qui se flagellaient sur la place publique pour expier leurs fautes en même temps que celles de leurs contemporains (Zatopek 42/mai-juin-juillet 2017). Et c’est vrai qu’il suffit de jeter un œil sur les maillots dans les pelotons pour constater que de nombreux coureurs choisissent de combiner leur propre plaisir avec une action de solidarité en récoltant des fonds pour une association. Au marathon de Londres qui s’est tenu le week-end passé, c’est même devenu une tradition. Depuis sa création en 1981, pas moins d’un milliard d’euros ont ainsi pu être redistribués à différents projets associatifs ou écologiques.

Au bal, au bal masqué

Seulement, ces "coureurs flagellants" sont devenus tellement nombreux qu’il leur devient difficile d’attirer l’attention d’éventuels donateurs. Ce n’est sans doute pas un hasard si c’est à Londres qu’est née une seconde tradition… celle de courir déguisé. Cette mode connaît un succès d’autant plus retentissant qu’elle permet de faire parler autant de son projet que de soi en entrant éventuellement dans le Guinness Book des records. La liste n’a pas encore été actualisée mais elle compte pas moins de 90 records établis, rien que dans la capitale anglaise, dont 34 pour la seule édition 2018. Le marathon le plus rapide en étant vêtu d’une robe de mariée, d’un pyjama ou d’un costume de clown ; en étant déguisé en pompom girl, en rugbyman, en tennisman, en oreiller, en sauveteuse, en légume, en insecte, en émoji, en personnage de Star Wars : tout y passe !

L’avantage, c’est qu’il ne faut pas forcément courir vite. Une idée originale suffit ! Edward Low a ainsi établi un record du monde en 3h51.18 : celui du marathonien le plus rapide déguisé en cadenas. Certains à l’instar de Rob Pope essaient toutefois d’allier clin d’œil et performance. Déguisé en Forrest Gump, il a décroché, en 2h36.28, le record du marathon le plus rapide en personnage de film. D’autres encore cherchent l’exploit non pas à travers le chrono mais la difficulté. Ainsi Michelle Frost a participé au marathon sur des échasses géantes (6h20.48). Richard Gray s’est trimballé un lave-vaisselle sur le dos (5h49.37). Quant à Colin Haylock, il a réussi la gageure de courir les 42 bornes avec… des chaussures de ski (5h52.16) !

Tous en principauté

Pour les lecteurs désireux de tenter l’expérience, il n’est pas nécessaire d’attendre un an, ni même de traverser la Manche. Les organisateurs des 15 km de Liège Métropole, qui est devenue en une petite dizaine d’années la course la plus populaire de Wallonie, ont décidé de s’inspirer de leurs homologues londoniens. Non pas en récompensant les coureurs déguisés les plus rapides mais bien ceux qui feront preuve de la plus grande originalité. Au même titre que les vainqueurs officiels, ils seront invités à monter sur le podium.

La difficile tâche de sélectionner les trois lauréats sera confiée à un jury d’étudiants qui en plus de scruter les pelotons s’aideront des photos postées par les spectateurs et suiveurs avec les hashtags #lampiris15kmliegemetropole ou #15kmliegemetropole.

Rendez-vous au parc de la Boverie le 05 mai !

Infos www.15kmliegemetropole.com