Dans la longue liste des épreuves de course à pied qui ont été reportées ou carrément annulées, le 10,30 kilomètres de Schaerbeek, prévu ce vendredi, fait figure d’exception. Car le rendez-vous aura bien lieu, même si les contraintes sanitaires ont obligé l’organisation à quelques adaptations. Ainsi, le 10,30 km ne comptera finalement que… 6 km.

Mais face aux contraintes, il y a des solutions. Les organisateurs ont, une nouvelle fois, fait preuve d’une grande imagination pour que leur évènement puisse avoir lieu. Si les règles actuelles imposent de ne pas regrouper en un même lieu plus de 400 personnes en même temps, les demandes de participation sont infiniment plus nombreuses et l’épreuve doit pouvoir accueillir plus de monde pour subsister.

Comment faire dès lors ? Ce problème a été résolu en imaginant un parcours de 6 bornes commun à tous les participants mais avec trois zones de départ différentes, espacées les unes des autres de plusieurs kilomètres.

Cela vous semble difficile à comprendre ? Songez alors au principe du célèbre jeu de société où il fallait déplacer ses petits chevaux de couleur tout autour du plateau et les rentrer le plus vite possible dans leur écurie. Cela se passera exactement de la même façon. Tous les participants à la course feront le même parcours mais en partant et en arrivant d’endroits différents. La victoire ira évidemment au plus rapide, ce qui sera aussi l’occasion d’un gros suspense au moment de la proclamation des résultats. Ceux qui luttent pour la victoire devront s’en souvenir et se mettre dans une disposition d’esprit qui ressemble plus à un contre-la-montre qu’à une course en ligne. Pour les autres, cela ne change pas grand-chose sinon qu’ils auront l’impression grisante de faire partie du long serpent sillonnant les rues de la commune.

Bien entendu, on s’attend à ce que les coureurs des différents groupes se rattrapent et se dépassent les uns les autres. L’image qui vient le plus spontanément à l’esprit est donc celle d’un serpent. Mais un serpent qui se mord la queue !

Quatre mètres de rigueur

La 5e édition de la course sera donc assez différente de toutes celles qui précèdent et de toutes celles qui suivront, espérons-le. En plus de ce système original, le port du masque sera obligatoire pour tous les coureurs avant et après la course. Pendant l’effort, on pourra néanmoins le retirer. Il faudra aussi respecter la règle d’éloignement (2 mètres minimum) aux aires de départ et d’arrivée. Pour chaque coureur, cela implique de bénéficier d’un espace de 4 m². Voilà qui tranche avec les habituelles cohues des départs. Et ce n’est pas tout. Le protocole prévoit aussi une prise de température à l’entrée des sites. On peut évidemment trouver que tout cela manque de charme. Mais c’est le prix à payer pour que l’organisation puisse avoir lieu. Malgré le Covid !



Courir avec un masque ? Peu confortable mais sans danger selon cette étude

Un médecin britannique a testé l’expérience et mesuré les conséquences sur l’organisme.

Il faudra porter le masque avant et après le départ lors de la course à Schaerbeek ce vendredi. Mais en Belgique les règles sanitaires ne nous obligent pas à le porter pendant l’effort alors que c’est le cas dans d’autres pays plus stricts comme la France ou l’Italie.

En Angleterre aussi, la question fait débat et, dans le cadre de celui-ci, un médecin de Bradford a tenté l’expérience de courir 35 kilomètres en portant son masque sur toute la distance. Toutes les demi-heures, il relevait son taux d’oxygène dans le sang via une fonction de son téléphone portable.

Verdict ? Ce taux ne descend pas en dessous des valeurs considérées comme normales, soit un taux de saturation de l’hémoglobine autour de 98 et 99 %. Pas de crainte à avoir, donc. Sinon peut-être une plus grande fatigue des muscles respiratoires, qui doivent vaincre des résistances accrues, et surtout des rougeurs et des démangeaisons au niveau du visage.

Si courir avec un masque n’est pas une sinécure, sûrement pas, cela ne représente pas non plus un danger pour la santé.