La 10e édition de la Maxi-Race France, du 29 au 31 mai autour du Lac d’Annecy, propose pas mal de nouveautés.


Un embouteillage de coureurs en pleine montagne. L’image, quelques jours à peine après une autre montrant une file pour rejoindre l’Everest, avait fait le tour de la planète trail au lendemain de la Maxi-Race France 2019, l’un des rendez-vous les plus prisés des amateurs de course en montagne.

La faute, notamment, à une météo pluvieuse la nuit précédente ayant rendu certaines traces plus techniques mais aussi à une trop importante fréquentation d’une épreuve aux multiples formats, dont un 42 et 90 km très courus.

À l’aube de la 10e édition de l’événement ayant pour cadre le somptueux décor du Lac d’Annecy, l’organisation vit encore avec les stigmates de ce bad buzz. Et si ces bouchons n’ont touché "que" 10 % des quelque 9000 coureurs engagés, les amateurs attendaient une réaction de la part d’une épreuve devant apporter, au-delà du dépassement sportif, une expérience riche de rencontres avec la nature plutôt que des scènes dignes d’une capitale européenne en heures de pointe.

Et c’est ce qui a été fait, avec plusieurs adaptations notoires. Qui se matérialisent notamment par une diminution de près d’un tiers de la participation globale (6000 coureurs maximum au lieu de 9000), la création de nouveaux formats de course et la mise sur pied de différentes vagues de départ pour améliorer le flux.

Entretien avec Stéphane Agnoli, directeur de course de la Maxi-Race France, à 3 mois et demi du coup d’envoi de la 10e édition (29-31 mai).

Stéphane Agnoli, comment avez-vous vécu les semaines qui ont suivi cette édition 2019 ?

"Un sondage réalisé auprès des participants a montré que 90 % d’entre eux avaient vécu une belle expérience. N’empêche, 10 % de personnes concernées par des bouchons, c’est trop. Et vivre pareille scène n’est jamais une finalité pour une organisation de grande ampleur. Personnellement, j’ai réussi à mettre une carapace pour me protéger des critiques venues des réseaux sociaux. J’avais déjà connu l’annulation de 2013 en raison de chutes de neige en basse altitude. Ce fut moins facile pour certains au sein de l’équipe. La critique sur les réseaux sociaux peut être prise comme une injustice vu le travail effectué en amont. Mais il fallait réagir…"

Comment ?

"De multiples manières. En partant des faits tout d’abord. Sur les 2000 engagés sur la Marathon Race en 2019, 800 n’avaient en fait aucune expérience du trail, c’est-à-dire aucun point ITRA. L’attrait de la discipline fait que le public évolue. Je le reconnais, on s’est fait surprendre par cela et, conjugué à la météo, c’est un des éléments qui a provoqué les bouchons sur des passages devenus plus techniques. Pour 2020, on a fait le choix de proposer la Marathon Race pour un public déjà quelque peu expérimenté et compétitif d’une part et, d’autre part, une Marathon Expérience, pour un public privilégiant la découverte au chrono. Sur deux parcours différents, celui de la Marathon Expérience étant plus accessible tout en proposant toujours une vraie expérience en montagne (2500 D +) et avec des vues tout aussi superbes. On a aussi diminué le nombre de participants de façon globale, de 9000 à 6000. Au niveau international, je ne connais pas d’autres épreuves ayant pris cette voie qui n’est pas évidente sur un plan strictement financier. Sur la Maxi-Race, on passe, par exemple, de 2000 à 1100 traileurs ou encore de 1000 à 500 sur l’Ultra Race. Ce n’est pas rien. À cela, il faut encore ajouter des départs par vagues, avec maximum 400 partants par course en même temps."

© David Gonthier

Avec ces adaptations, vous pouvez désormais garantir que les problèmes rencontrés en 2019 ne seront plus de la partie pour la 10e édition ?

"Ce que je peux assurer, c’est qu’on ne vivra plus ce qu’on a connu en 2019. Après, la montagne reste la montagne et on n’est jamais à l’abri qu’un autre élément incontrôlable vienne perturber l’une des épreuves. Mais, je pense ; nous faisons tout ce que nous pouvons pour anticiper au maximum et offrir la meilleure expérience possible aux participants. Rien que la diminution d’un tiers de la fréquentation totale sur la Maxi-Race 2019 me semble être révélatrice de cette volonté."

Séparer la Marathon Race en deux événements, l’un destiné aux plus compétitifs et l’autre plus centré sur l’expérience, fut-elle une décision difficile à prendre ?

"Pas spécialement, non. Au niveau logistique, oui, car cela multiplie le travail. Mais la Maxi-Race a toujours eu pour volonté d’être un événement pour tous les publics, tous les niveaux. Bien sûr, on a accueilli les Championnats du Monde par le passé mais, au-delà des élites, Annecy et sa région sont un formidable terrain à découvrir."

Au final, vous êtes sorti grandi de l’édition 2019 ?

"Plutôt plus petit si on regarde le format de l’édition à venir. (rires) Mais, oui, on apprend tout le temps. Et plus encore quand tout ne se déroule pas comme il faut. On s’est remis en question par rapport à ce que nous avons vécu afin d’offrir la plus belle expérience possible dans un cadre qui, à nos yeux, est fantastique."


Objectif zéro bouteille en plastique

Outre les adaptations au niveau de ses formats de course, la Maxi-Race France veut que sa 10e édition soit la plus verte possible. Et multiplie les initiatives à ce sujet, des ravitaillements bio ou locaux en passant par la création du groupe facebook pour favoriser le co-voiturage.

"C’est quelque chose sur lequel nous insistons depuis plusieurs années", raconte Stéphane Agnoli. "Mais nous voulons franchir un nouveau cap cette année à ce niveau."

Un des objectifs ambitieux pour ce type d’organisation est d’arriver à un évènement zéro bouteilles en plastique, lesquelles étaient encore au nombre de 40000 en 2018. "Seul un point de ravitaillement, non alimenté en eau, nous pose encore souci. Mais nous allons tout faire pour y arriver d’ici à l’événement."

© David Gonthier


Maxi-Race 2020, ce qui va changer

  • Diminution de 30 % du nombre de coureurs total présents sur l’ensemble de l’évènement par rapport à 2019.
  • 800 coureurs en moins au départ de la Maxi-Race (90 km), avec trois vagues de départ.
  • Deux formats "marathons" différents : la Marathon-Expérience (42 km/2500 D +) et la Marathon Race (39 km/3200 D +/minimum 450 points ITRA).


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>>> Infos: www.maxi-race.org/fr/france/