La lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète de façon générale sont au cœur de tous les sujets. Les plus grandes marques de running n’y échappent pas et se doivent de repenser leurs moyens de production

Les marques de sport sont, de par leur nature, très exposées. Elles peuvent difficilement se développer sans tenir compte des thèmes qui s’imposent dans la société. Parmi ceux-ci, la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète. Au-delà de la communication parfois maladroite ou opportuniste constatée par le passé, les marques actives dans le milieu de la course à pied ont, dans l’ensemble, désormais pleinement conscience des problèmes de responsabilité sociale et de développement durable. Préserver la planète, penser aux consommateurs de demain est aujourd’hui un des sujets qui se trouvent au cœur de leurs préoccupations. Quand elles le peuvent ou le décident, ces grandes marques, au-delà de la simple volonté de se montrer sous un bon jour, s’engagent et jouent dans ce registre.

La cause écologique pour valoriser l’image

Mais tout est loin d’être rose. Le chemin à parcourir est encore énorme. Avec leurs tissus en polyester, en coton (l’une des cultures les plus consommatrices en eau) ou encore en nylon (directement dérivé du pétrole), les vêtements que nous achetons pour nos séances de running sont souvent issus d’une production peu responsable. Sans parler des déchets qu’ils occasionnent, notamment lors du passage par la machine à laver.

Si le rôle du consommateur est important, les marques doivent aussi changer, en adaptant leurs produits au nouveau contexte et en s’inscrivant en tant que réel acteur de la société face aux réflexions des consommateurs à la recherche d’une économie plus verte, plus circulaire et plus respectueuse de la planète.

L’équation est cependant complexe. Il ne suffit pas de proposer un t-shirt ou une chaussure entièrement produite avec des matières recyclées. C’est tout le processus de fabrication et de production qui doit être (re) pensé. Que faire des chutes de tissus ? Comment réduire le volume d’eau utilisé ? Quels emballages… ? Face à ces interrogations, le constat n’est pas idyllique. En réalité, peu de marques mettent les défis liés à l’environnement au cœur de leur production en partant de la conception jusqu’à la distribution de leur gamme, sans évoquer même la fin de vie du produit. Pourtant conscientes de l’enjeu, les obstacles tels que les habitudes de fabrication, la volonté de ne pas augmenter les coûts ou encore l’utilisation des filières de distribution n’ont pas encore permis de répondre à l’ensemble des défis imposés par la préservation de notre planète.


Patagonia, pionnière de l'éco-conscience

Mais l’industrie du sport progresse doucement sur cette complexe problématique écologique. Qu’il s’agisse de production durable, d’innovations en matière de matériaux ou encore de techniques de recyclage. Si certaines marques ont encore besoin d’un coup de pouces, d’autres s’y engagent fermement. Développer un produit écologique est une chose mais l’étendre à tout une gamme et tout un système de production en est une autre.

À ce niveau-là, s’il fallait pointer une marque qui a, de longue date, choisi cette voie, c’est Patagonia. Depuis maintenant plusieurs décennies, la marque californienne montre l’exemple en matière de développement durable en mettant en place de réelles initiatives en faveur de la protection de l’environnement. Aujourd’hui, elle propose une gamme de vêtements 100 % réalisés avec des matériaux recyclés, limite son empreinte carbone et propose des emballages recyclables. Présent sur tous les fronts, Patagonia montre l’exemple d’une implication très élevée.


De l'étiquette à l'éthique

Les critiques à l’égard des grandes marques ne sont pas neuves. Depuis leur conception, les leaders mondiaux ont toujours été pointés du doigt. Actuellement, elles s’inscrivent pourtant dans de vrais processus de fabrications éco-responsables.

Nike, Adidas ou Asics, pour citer quelques-uns des acteurs les plus importants, ont récemment dévoilé leurs nouveaux objectifs afin de diminuer leurs émissions de carbone.

Pour prendre le cas de Nike, géant du marché running, la marque à la virgule avance vouloir réduire ses émissions de dioxyde de carbone et viser le zéro déchet pour une seule finalité : protéger le futur du sport. Cela se traduit dans son mouvement intitulé “Move to Zero”.

“Un accent global sur la gestion de l’énergie et la réduction des émissions de carbone, y compris la mise à l’échelle des énergies renouvelables, est une priorité pour Nike et ses partenaires”, commente la marque américaine sur ce sujet très sensible pour les fabricants. “Nike travaille avec ses fournisseurs pour identifier, concevoir et exécuter des stratégies et pour débloquer des opportunités compétitives en matière d’énergies renouvelables.”

Adidas n’est pas en reste. La marque aux trois bandes a même été un précurseur en la matière. Depuis 2015, l’association “Parley for the Oceans” et la marque allemande sont alliées dans une action qui avait permis le lancement de la gamme d’Ultraboost recyclée, ceci à l’aide des déchets plastiques récoltés sur les plages et les océans à travers le monde.

Beaucoup d’autres marques, grandes ou moins grandes, suivent le mouvement. D’autres demeurent plus à la traîne mais font néanmoins timidement le pas et réfléchissent à d’autres possibilités de production.

“Trop de chaussures finissent dans les décharges et y restent bien trop longtemps. Nous ne sommes pas très bons dans ce domaine”, avouait, par exemple, une marque telle que Saucony. “C’est pour cette raison que nous développons actuellement une chaussure biodégradable, avec deux objectifs en tête. Tester des matières durables qui ne soient pas issues du pétrole. Et apprendre à fabriquer des chaussures qui se décomposeront plus rapidement lorsqu’elles seront en fin de vie.”

Les engagements de Nike

  • D’ici à 2025, Nike alimentera ses installations en énergie renouvelable à 100 %.
  • D’ici à 2030, Nike réduira les émissions de carbone de 30 % de sa chaîne d’approvisionnement mondiale, conformément à l’Accord de Paris de 2015.
  • Nike transfère désormais 99 % de tous les déchets de fabrication de chaussures des sites d’enfouissement.
  • Nike détourne chaque année plus d’un milliard de bouteilles en plastique des sites d’enfouissement pour créer des fils pour de nouveaux chandails et des empeignes pour les chaussures Flyknit.
  • Les programmes Reuse-A-Shoe et Nike Grind convertissent les déchets en nouveaux produits, terrains de jeux, pistes de course et courts.

Les engagements d'Adidas

  • En 2020, Adidas produira entre 15 et 20 millions de paires de chaussures à partir de déchets plastiques recyclés des plages et des régions côtières, contre plus de 11 millions de paires en 2019, 5 millions en 2018 et un million en 2017.
  • La première chaussure de course entièrement recyclable, la Futurecraft Loop, est en phase de test depuis 2019. Le lancement sur le marché est prévu pour 2021.
  • D’ici à 2024, Adidas n’utilisera que du polyester recyclé dans tous les produits de l’entreprise. Déjà en 2020, plus de 50 % de toutes les utilisations d’Adidas en polyester dans les produits sont recyclées.
  • D’ici à 2030, en tant que signataire de la Charte des Nations Unies de l’industrie de la mode pour l’action climatique, Adidas s’est engagé à réduire de 30 % ses émissions de gaz à effet de serre propres et celles de ses fournisseurs par rapport à 2017.
  • D’ici à 2050, Adidas vise à atteindre la neutralité climatique.

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