Chaque année en avril, plus d’un millier de personnes parcourent 250 km dans le Sahara. C’est le célèbre Marathon des Sables qui fait tant rêver.

L’idée du Marathon des Sables est née en 1984. Cette année-là, l’organisateur Patrick Bauer entreprend de voyager seul dans le désert marocain. Il marche, il marche. Avec un sac de 35 kilos sur les épaules, il couvre 250 kilomètres en 12 jours, s’émerveillant à chaque pas de la beauté des paysages.

L’expérience le marque au point qu’il décide de la partager l’année suivante avec d’autres baroudeurs. C’est ainsi qu’est née l’idée un peu folle d’organiser une épreuve sportive qu’il choisit finalement de baptiser "Marathon des Sables".

Notez qu’il aurait pu mettre un "s" à "marathon" dans la mesure où le règlement de la course impose de couvrir la distance d’un marathon par jour pendant cinq jours. Un petit détail encore : cela doit se faire en parfaite autonomie ! C’est-à-dire que les participants doivent emporter avec eux le gîte et le couvert, l’organisation n’étant responsable que de l’approvisionnement en eau. En plus des difficultés liées à la distance et à la chaleur, il faut donc se coltiner le poids du sac, obligatoirement compris entre 6,5 et 15 kilos (article 24 du règlement).

Au fil des éditions, la course a connu un immense succès. Désormais, les participants affluent de partout. Ils étaient plus de mille l’année passée, ils en seront tout autant pour la 34e édition qui se tient du 5 au 15 avril. Ajoutez-y les 200 bénévoles de l’organisation, les journalistes et tout le matériel pour assurer le bon déroulement de l’épreuve, soit 200 voitures tout-terrain, 22 camions de l’armée royale marocaine, 2 hélicoptères et même un avion Cessna. Lorsque la caravane s’ébroue, cela donne véritablement l’impression d’une armée en campagne.

Une autoroute pour l’enfer

Pour qu’une épreuve d’une telle envergure se déroule sans anicroches, cela implique une logistique hors-pair. Après 34 ans d’organisation ininterrompue, tout s’enchaîne parfaitement. Aux bivouacs par exemple, on place les tentes toujours de la même manière : les participants d’un côté, les bénévoles de l’autre. Chacun sa place. Et cela fait des années que l’organisation fonctionne ainsi avec un ordonnancement implacable et une autorité que l’organisateur, Patrick Bauer, dissimule bien derrière son look décontracté.

La mine toujours bronzée et l’air toujours jovial, l’homme jouit d’une réputation de bon vivant. On le dit "proche des gens". À juste titre, d’ailleurs ! Ils sont rares, les organisateurs, qui, comme lui, prennent le temps de saluer chaque personne qu’ils croisent le matin. Surtout lorsqu’il y en a plus de mille ! Avant chaque départ, on le voit aussi qui se dandine sur le toit d’un camion sur le morceau "Highway to Hell" d’AC/DC (traduction : l’autoroute vers l’enfer) comme un bon aperçu des difficultés qui attendent les coureurs. Sur cette course extrême, la rigueur n’exclut pas un peu de fantaisie rock and roll. Elle est vraiment à part !