Ce 10 décembre est la Journée internationale des droits humains. Pour cette occasion, Amnesty International invite tout un chacun à allumer une bougie pour soutenir son combat dans la défense de ces droits.

Créée en 1961, cette ONG est née lorsque les démocrates européens apprirent avec stupeur l’arrestation de deux étudiants portugais qui, lors d’une soirée entre amis, avaient eu l’audace de porter un toast à la liberté.

Verdict ?

Sept années de prison...

À l’époque, le Portugal vivait sous le joug d’une dictature militaire dirigée par un civil, Antonio Salazar, qui réprimait implacablement toutes les formes de dissidence.

Plusieurs intellectuels britanniques cherchèrent alors un moyen de venir en aide aux deux étudiants et ils eurent l’idée d’une opération originale qui consistait à noyer les autorités portugaises sous des tonnes de lettres de protestation en provenance des quatre coins du monde.


Voilà l’idée originelle !

Aujourd’hui, Amnesty International compte 3 millions d’adhérents issus de 150 pays.

Son objectif reste le même : venir en aide aux prisonniers politiques, quels que soient les régimes qui les emprisonnent.

Parmi les fondateurs d’Amnesty International, on retrouve Philip Noel-Baker (1889-1982). Son nom est plus ou moins tombé dans l’oubli. Pourtant, la vie de ce Britannique force l’admiration. C’est bien simple, il est le seul à avoir obtenu deux des plus grandes distinctions qu’un homme puisse recevoir : une médaille olympique et un prix Nobel.

Philip Noel-Baker s’est toujours affiché comme un fervent défenseur du sport et de l’amitié entre les peuples. La sincérité de ses engagements n’a jamais fait aucun doute. Aux Jeux olympiques d’Anvers en 1920, lors desquels il a décroché l’argent sur 1 500 mètres, il avait été choisi par ses pairs pour être le porte-drapeau de la délégation britannique lors de la cérémonie d’ouverture.


Une chose maudite et sale

Dans le sport comme dans la société en général, Philip Noel-Baker a toujours défendu les grandes valeurs humanistes comme la tolérance, la solidarité, le respect. Il est âgé d’à peine 24 ans lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il crée la Friends Ambulance Unit (FAU), une association d’ambulanciers volontaires qui apportait de l’aide aux blessés des deux bords. Il est témoin des premières attaques au gaz et toutes ces horreurs font progressivement de lui un fervent pacifiste.

"La guerre est une chose maudite et sale", écrivit-il quelques années plus tard.

Comme son père, il se lance alors dans la politique et il est élu à la Chambre des Communes, où il siégea comme député travailliste de 1929 à 1970, puis sera nommé à la Chambre des Lords, où il restera de 1977 jusqu’à sa mort en 1982. À plusieurs reprises, il fut aussi nommé à des postes ministériels importants. En 1948, le Premier ministre Clement Attlee lui confie notamment la responsabilité de la bonne tenue des Jeux olympiques de Londres. Enfin et surtout, il fut récompensé par l’attribution du prix Nobel de la paix en 1959 pour son travail incessant mené en faveur du désarmement ainsi que pour tous ses efforts déployés afin que les pays résolvent leurs conflits au sein des Nations unies plutôt que par la guerre.

C’était un homme de conviction et de dialogue. Il s’est éteint le 8 octobre 1982 à l’âge de 92 ans.