La course à pied est décidément un hobby clivant ! Ceux qui n’en font pas ne comprennent pas ceux qui en font. Et vice versa. Certaines questions divisent aussi, au sein même de la communauté des coureurs. Face à la maladie, par exemple, nombreux sont ceux qui persistent à courir et qui expliquent autour d’eux qu’une "bonne suée" suffit le plus souvent à éliminer les microbes.

Ont-ils raison ? Ont-ils tort ? Zatopek s’est penché sur cette thématique dans son dernier numéro avec un sujet intitulé "La question qui tue".

Une chose est incontestable. On se sent souvent mieux après une séance d’entraînement. Cela s’explique assez facilement par un phénomène général d’activation de l’organisme. On produit plus d’hormones, plus de neurotransmetteurs. Les organes sont mieux irrigués. L’activité physique engendre aussi une élévation du seuil de la douleur. Bref, le sport constitue un remède efficace contre des symptômes comme la flemme ou le vague à l’âme. Attention cependant à ne pas élargir cette recommandation à d’autres signaux d’alerte. Face aux infections, cela ne marche pas ! Sport et microbes ne font pas bon ménage. En cas de syndrome grippal, par exemple, ceux qui s’obstinent à sortir malgré tout risquent gros. Très gros. Même la vie !

Quatre bonnes raisons de rester au repos

Lorsque nous sommes malades, l’organisme répond souvent par une élévation de sa propre température. Pour lui, c’est une forme de lutte. Il espère se débarrasser ainsi des agents pathogènes. Cela n’a donc pas de sens de vouloir à tout prix faire baisser des fièvres modérées (moins de 38,5 degrés). En revanche, il faut en tenir compte pour adapter son mode de vie et suspendre notamment toute activité sportive. C’est un impératif ! Car faire du sport en cas de maladie expose à quatre types de désagréments différents.

1. Le premier est facile à comprendre. Partant d’une température plus haute, on s’expose davantage à un coup de chaleur (avec l'augmentation de risque d'arrêt cardiaque que cela implique). 

2. La deuxième complication est plus subtile. En cas d’agression, le système immunitaire ne se contente pas de commander la fièvre. Il réagit aussi en libérant dans le sang des protéines réactives appelées cytokines. Ces substances ont la réputation d’impacter le fonctionnement des muscles squelettiques ou du cœur. Cela se traduit par une nette diminution de l’endurance et de la force (jusqu’à -80 %). Il n’est pas rare d’ailleurs d’enregistrer des contre-performances étonnantes de la part d’athlètes dont on découvre après coup qu’ils couvaient une infection.

3. Troisième conséquence : on est plus épuisé. On estime généralement qu’un degré supplémentaire dû à la fièvre équivaut à une augmentation d’environ 10 % des dépenses énergétiques de repos.

4. Enfin, il existe un quatrième danger. Celui d’encourager la propagation de l’infection. Il faut savoir en effet qu’un exercice physique prolongé est toujours suivi d’une baisse temporaire des défenses immunitaires, cette suspension pourrait être mise à profit par les microbes pour proliférer et passer des voies aériennes supérieures, vers les autres organes, notamment le cœur.

Bref, il arrive qu’en refusant de faire l’impasse sur une semaine d’entraînement, on s’expose à des complications qui peuvent ruiner toute une carrière et parfois même toute une vie. Le jeu n’en vaut vraiment pas la chandelle !