Les bienfaits et les limites de la pratique de la course à pied en écoutant de la musique

Pour beaucoup de coureurs à pied, la musique est devenue un véritable produit dopant. Sur son air préféré, on se sent pousser des ailes. Attention cependant à ne pas les brûler!

Anouk Ramaekers (Zatopek Magazine)
Les bienfaits et les limites de la pratique de la course à pied en écoutant de la musique
©Shutterstock

Ce vendredi soir auront lieu les 10,30km de Schaerbeek. Cette course organisée par le magazine Zatopek s'est érigée comme le rendez-vous sportif de la rentrée à Bruxelles. Les athlètes serpenteront à travers les rues de la commune ainsi que dans le parc Josaphat et le stade du Crossing. L'événement aura un air de corrida avec un tour de 5 kilomètres à effectuer à une ou deux reprises aux sons des nombreux groupes de musique postés tout au long du parcours. Le choix des styles musicaux est éclectique, juste histoire de s'assurer que chacun aura au moins un air qui lui trottera agréablement dans la tête et qui l'aidera peut-être à tenir la cadence, sans fléchir, jusqu'à l'arrivée.

La musique, un boost non négligeable

De nombreuses études très sérieuses tendent en effet à prouver l’effet boostant de la musique.

"Utilisée avec précision, la musique peut améliorer de 20% la performance", affirme le docteur Costas Karageorghis, de l'Université Brunel de Londres, qui travaille depuis plus de vingt ans sur le sujet. "En premier lieu, elle a la faculté de réduire l'attention et, par voie de conséquence, de détourner l'esprit des sensations de fatigue. On parle de stratégie dissociative."

Autrement dit, la difficulté demeure mais la perception de cette difficulté est atténuée. Il faut quand même faire la différence selon le type d’effort. Cet effet ergogène de la musique ne s’exerce que très peu voire pas du tout dans les exercices intenses. Dans les efforts longs et modérés par contre, elle peut constituer un véritable avantage. Attention toutefois aux choix des morceaux. Cette musique doit évoquer de bons souvenirs. Pour une utilisation optimale, il convient donc de choisir parmi ses morceaux préférés. Avec un tempo aux alentours de 135 si possible.

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Point trop de musique n’en faut

Néanmoins, la musique, aussi plaisante et stimulante soit-elle, peut également être source de fatigue. Le bruit, y compris la musique, affecte notre système nerveux. Le cortex auditif chargé d’analyser les sons se trouve en effet en liaison directe avec la substance réticulée qui fixe nos différents niveaux de conscience. Ce circuit nerveux se trouve lui-même connecté à d’autres parties du cerveau, comme le système nerveux végétatif, impliqué dans la chimie des émotions.

Tout cela concourt à épuiser nerveusement celui qui est confronté à un univers sonore trop intense. Les conséquences ne se font pas attendre. Au-delà d’une exposition chronique de l’ordre de 70-75 décibels, les recherches en épidémiologie montrent en effet qu’on développe plus de maladies cardiovasculaires. Le cœur accélère. La tension monte. On libère plus de sucre dans le sang. Bref, le corps se place automatiquement en état d’alerte. Ainsi l’utilisation compulsive des écouteurs, musique plein pot dans les oreilles pour courir, ne se traduit pas seulement par une dégradation de l’oreille. L’organisme tout entier en pâtit. A utiliser avec modération! Anouk Ramaekers

Les 10,3km de Schaerbeek en pratique

  • Quand? Vendredi 16/09 à 19h
  • ? Stade Terdelt – 1030 Schaerbeek
  • Distances? 5km et 10,3km + courses enfants (400m et 800m)
  • Infos et inscriptions? www.zatopekmagazine.com
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