Nos bras nous servent aussi à courir: voici pourquoi

Dans la vie courante, les bras servent à un milliard de trucs. Qu'en est-il quand nous courons?

Anouk Ramaekers ("Zatopek Magazine")
Nos bras nous servent aussi à courir: voici pourquoi
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Lorsqu’on observe les meilleurs sprinters du monde, on est souvent étonné de les voir dotés d’une musculature saillante au niveau des cuisses –ce qui paraît normal– mais aussi au niveau des membres supérieurs, ce qui surprend davantage. "On ne court tout de même pas avec ses bras", dicte le bon sens.

Pourtant, si! Lorsqu’on court, les bras ne sont pas du tout inutiles! Leur action est même fondamentale.

Démonstration, avec collaboration avec Zatopek Magazine !

Balance-toi sur ta balance

Pour se convaincre du rôle central des bras pendant la course, voici un exercice édifiant qui nécessite seulement l’usage d’un pèse-personne. Attention, il faut un modèle classique avec une aiguille qui tourne dans un cadran. Cela ne marche pas avec les modèles électroniques. L’exercice en question consiste à monter sur la balance. Relever son poids. Et puis balancer simplement les bras d’avant en arrière tout en observant les oscillations de l’aiguille.

On réalise alors que la gestuelle des bras impacte directement l’affichage du poids. Si on accentue le balancement, on ne pèse presque rien lorsque les bras sont en haut de leur trajectoire. Et on pèse un bref instant deux à trois fois son poids lorsque les bras sont tout en bas.

En course, tout le défi consistera donc à faire coïncider la phase de légèreté avec celle de l’envol et la phase de surpoids avec celle de la réception. Voilà pourquoi on bouge les bras en courant. Au passage, cela explique les gros biscottos des sprinters. Dans les courses de fond, les bras comptent aussi. Même si les masses musculaires en jeu sont moins impressionnantes, on observera que les musculatures des athlètes de l’élite sont toujours admirablement dessinées.

Nos bras nous servent aussi à courir: voici pourquoi
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Comment courir avec des baguettes

Quand on observe un peloton de coureurs en se focalisant sur leurs membres supérieurs, on constate une grande panoplie de variantes très personnelles avec des bras plus ou moins repliés, plus ou moins crispés et plus ou moins balancés d’avant en arrière.

Existe-t-il une bonne façon d’utiliser ses bras en courant? Pas vraiment! De ce point de vue, l’usage des bras rappelle le débat sur la pose du pied. Chaque coureur possède ses propres préférences motrices. La plupart des entraîneurs l’ont bien compris. Depuis quelques années, ils ont sagement renoncé aux consignes de style. En revanche, ils peuvent pointer des erreurs et aider éventuellement l’athlète à les corriger. La plus courante? Courir en étant trop crispé! Avec le stress et la fatigue, il arrive fréquemment qu’on se raidisse au fil de l’effort, ce qui accroît notamment la dépense calorique engagée dans le balancement des bras.

Comment remédier à ce problème? D’abord, il faut en prendre conscience. Pour cela, on conseille de recourir à un autre petit truc d’entraîneur. Efforcez-vous ainsi à courir en tenant un petit bâton dans chaque main ou une feuille de papier roulée en cylindre. Il faudra les tenir suffisamment serrés pour éviter qu’ils ne tombent mais pas excessivement non plus. L’exercice est bien pratique pour apprendre le relâchement dans l’effort. A tel point qu’on voit parfois des athlètes le réaliser même en compétition.

Nos bras nous servent aussi à courir: voici pourquoi
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Ce sont les bras qui dictent le tempo

En course à pied, le mouvement des bras est toujours intimement lié au mouvement des jambes.

Pour mesurer cette interaction étroite entre les bras et les jambes, il suffit, lors de votre prochaine sortie, de plier le bras un peu plus que d’habitude en rapprochant imperceptiblement le poignet de l’épaule. La réaction ne se fera pas attendre. Aussitôt, la foulée raccourcit. Et si l’on fait l’inverse en tendant progressivement les bras, aussitôt la foulée s’allonge. On peut ainsi modifier sa course en jouant simplement sur la flexion des coudes et l’ampleur du balancement des bras.

Bien sûr, la maîtrise de ce pilotage ne vient pas du premier coup. Elle nécessite au contraire un long apprentissage. Mais les résultats seront au rendez-vous!

A quoi servent nos bras?" dans le Zatopek n°63

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