Damien Pauquet est nutritionniste du sport et aussi coureur. Il analyse les effets néfastes de la bière sur la pratique du sport mais aussi ses bons côtés…

Le plus

> La bière comme dopant

Damien Pauquet rappelle qu’un "des premiers dopants dans le cyclisme, c’était la bière. Elle avait un effet désinhibant et antidouleur." Et d’ajouter : "La bière, c’est 90 % d’eau. Donc ça hydrate. C’est aussi très riche en micro-nutriments. On y retrouve du potassium, du magnésium et beaucoup de vitamines B. C’est une source non négligeable de sucre et c’est clairement nourrissant." De là à en remplir ses bidons…

Les moins

> Encrassant

Il faut tenir compte de l’aspect diurétique et déshydratant de l’alcool. Mais aussi de son aspect acidifiant et encrassant. "On dit souvent qu’il faudrait boire deux verres d’eau pour un verre de bière."

> Calorique

Et si la bière était vantée auparavant pour son côté énergétique, on risque aussi d’en payer le prix. "Une bière spéciale, ce n’est pas loin de 300 kcal. Si tu vas courir 20 bornes et que tu bois 3 bières, tu auras tout repris…"

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Une bière en trois temps

> Avant la course

"Quand on fait une "dure" la veille, on a parfois une énergie d’enfer parce qu’on a fait le plein de glycogène. C’est comme si on avait fait le plein de pâtes. Mais on a une chance sur deux que ça fonctionne… Ça dépend de la capacité de chacun car c’est le foie qui détoxifie l’alcool."

Dans les semaines précédant un objectif, il vaut mieux lever le pied sur l’alcool. "Pour purger son corps et être à 100 %, il faut trois semaines sans boire une goutte. Ça relaxe terriblement, on dort mieux et on risque moins de blessures (tendons, articulations…)"

> Pendant l’effort

Certaines disciplines de la course à pied peuvent toutefois tolérer des écarts plus larges. Et pourquoi pas même s’enfiler une chope en plein milieu de l’effort. Sur des ultratrail, la pratique n’est pas exceptionnelle et le rythme lent tolère ce type d’écart.

> Soigner l’after

Le nutritionniste n’est pas contre l’une ou l’autre bière en after. Mais il pose des balises. "L’idéal pour récupérer, c’est d’attendre une demi-heure après l’effort. Il vaut mieux prendre une boisson isotonique ou un shake de protéines. C’est à ce moment, quand le moteur est encore chaud, que les cellules musculaires vont le mieux assimiler les minéraux (sucre, eau, acides aminés). Si on boit une bière, les muscles vont l’assimiler et ce n’est pas bon si on veut éviter les courbatures et les contractures."