En plein milieu de l’hiver, la dépression rôde. Le manque de luminosité, le froid, la grisaille sont autant d’éléments qui augmentent les risques de voir les choses en noir. En 1986, le révérend américain Kevin Zaborney, qui s’attristait de constater cette tendance parmi ses ouailles, aurait eu l’idée de créer une "journée des câlins". L’idée ? Chacun était invité à prendre dans ses bras son voisin pendant une vingtaine de secondes.

Zaborney pensait à juste titre que ce simple geste boostait le moral des troupes ! Depuis lors, chaque 21 janvier, nombreux sont ceux qui par le monde offrent des "câlins gratuits" dans les rues. On se prend dans les bras, on se sourit et puis on reprend le cours de sa journée avec le cœur un peu plus léger. Malheureusement, avec la pandémie de Covid-19, plus question de s’adonner à de telles pratiques, même lors de la Journée internationale des câlins.

Est-on pour autant voué à la déprime ? Bien sûr que non ! Car l’ingrédient magique, ce ne sont pas les câlins eux-mêmes, mais l’hormone que notre corps produit en réponse aux marques d’affection : l’ocytocine. Et il se trouve que celle-ci augmente aussi quand on fait du sport !


L’ocytocine, l’hormone de l’amour

Depuis plus d’un siècle, on sait que l’ocytocine intervient pour déclencher les contractions avant l’accouchement et qu’elle favorise la montée de lait. Elle entre aussi en jeu dans la création du lien entre la mère et l’enfant. Plus récemment, on lui a trouvé une grande influence sur le déroulement de nos histoires amoureuses. Sa libération, notamment lors de l’orgasme sexuel, expliquerait l’attachement qui règne (parfois) au sein des couples et les promesses de fidélité.

En 2000, un chercheur américain avait même fait la démonstration qu’en jouant sur sa concentration on pouvait rendre monogame une espèce naturellement polygame de petites souris appelées campagnols des champs.

D’un point de vue physiologique, l’ocytocine aide à réduire la pression artérielle et le niveau de cortisol, augmente le seuil de douleur et diminue l’anxiété. Ainsi, lorsque notre corps produit de l’ocytocine, nous ressentons un grand sentiment de bien-être… que nous recherchons à reproduire encore et encore.

Comment ? Plusieurs solutions s’offrent à nous : accoucher ou faire l’amour, on l’a déjà dit, mais aussi tomber amoureux, avoir des contacts physiques agréables (câlins, bisous, caresses), aider les autres, méditer, pleurer un bon coup ou encore, évidemment, faire de l’exercice physique !


Encouragez-vous les uns les autres !

Faire du sport permet en effet d’augmenter notre production d’endorphine et d’ocytocine, deux hormones favorisant le bien-être.

Mais, pour que l’ocytocine soit produite en quantité encore plus grande, mieux vaut favoriser le sport en groupe. Tout seul, on risque de passer à côté d’un de ses effets les plus bénéfiques : le relationnel.

Lorsqu’on s’entraîne ensemble, comme cela se passe par exemple au sein des groupes "Je cours pour ma forme", il se crée un fort sentiment de camaraderie qui doit beaucoup à cette production hormonale. On se sent soutenu et encouragé. Soi-même, on soutient et on encourage les autres. Même virtuel, cet accompagnement est essentiel et participe à la réussite du programme. D’autant que les études montrent que plus on libère d’ocytocine, plus il est facile de le faire.

Alors, à vos baskets et vos bravos !