Steve Prefontaine, une légende du demi-fond qui court toujours

Running

Igor Risbane (Zatopek Magazine)

Publié le - Mis à jour le

Un superbe livre vient de sortir à propos de l’icône américaine du demi-fond.

Steve Prefontaine, une légende du demi-fond qui court toujours
© D.R.

Le titre du livre présenté dans cette chronique "A propos de Pre" paraîtra sûrement très mystérieux à l’immense majorité des lecteurs. Seuls les amoureux de la course à pied sauront de quoi il retourne. Et encore ! Il faudra pour cela qu’ils aient atteint un certain âge et connaissent un peu l’histoire de leur discipline favorite. Car le diminutif auquel il est fait référence est évidemment celui de Steve Prefontaine, une légende du demi-fond américain dont on se contentera de dire, en guise de palmarès, qu’il a gagné 128 des 153 courses auxquelles il a participé au cours de sa courte carrière.

Steve Prefontaine figurait, notamment, parmi le "quintette magique" de la finale du 5000 m aux Jeux de Munich, en 1972, avec le Finlandais Lasse Viren, le Tunisien Mohammed Gammoudi, le Britannique Ian Stewart et notre compatriote Emile Puttemans. Quelle belle brochette de champions !

Fauché en pleine ascension

L’athlète américain a aussi détenu tous les records nationaux du 1 500 (3’38’’1) au 10 000 m (27’43’’6). Il aurait vraisemblablement pu courir plus vite encore si sa vie flamboyante ne s’était pas brutalement terminée dans un accident de voiture dans la nuit du 30 au 31 mai 1975.

Alors âgé d’à peine 24 ans, Steve Prefontaine s’est tué en manquant un virage au volant de sa décapotable.

Dans son neuvième roman, l’auteur belge Daniel Charneux évoque l’existence de ce personnage haut en couleur que l’on compare souvent à l’acteur James Dean, en raison de sa belle gueule et de sa mort prématurée.

Un auteur de tragédies

Avant cela, Daniel Charneux avait écrit sur l’actrice Marilyn Monroe, le chanoine Thomas More, l’éphémère reine d’Angleterre Jeanne Grey… Tous des destins tragiques. Ici, il ne parle pas en son nom mais s’efface derrière un personnage fictif, un certain Pete Miller qui, arrivé à l’âge de la retraite, se remémore ses jeunes années passées aux côtés du champion. Certains passages sont très émouvants avec, en toile de fond, tous les bouleversements qui ont rythmé ces décennies auxquelles on fait encore référence aujourd’hui sous les appellations connues de tous : "sixties" et "seventies".

Jamais auparavant, l’Amérique du Nord n’avait traversé une période à ce point foisonnante d’un point de vue culturel et politique. Daniel Charneux, alias Pete Miller, évoque notamment l’esprit de fraîcheur et le sentiment de liberté qui régnaient au sein de ces groupes de coureurs dont le mode de vie était une façon de rompre avec les codes de la société consumériste et qui, par esprit du paradoxe, s’amusaient à définir la course à pied comme "la plus importante de toutes les choses futiles".

Aux origines de Nike

On apprend aussi à mieux connaître d’autres personnages clés de la carrière de Prefontaine, comme Bill Bowerman, son coach au sein de l’équipe de Track and Field de l’université d’Oregon. L’un était tout en exubérance. L’autre avait conservé de sa carrière militaire un esprit beaucoup plus méthodique. Bowerman savait aussi faire preuve d’ingéniosité pour résoudre tous ces problèmes qui ne manquent jamais de se poser dans le cours des entraînements. Ses nombreuses trouvailles expliquent d’ailleurs en grande partie les succès de la marque Nike, dont il était co-fondateur avec évidemment Steve Prefontaire comme figure de proue.

Certaines histoires sont restées célèbres comme celle du gaufrier familial que Bowerman a sacrifié pour couler le caoutchouc des semelles crantées des premiers modèles de jogging. Elle est racontée dans cet ouvrage comme d’autres anecdotes qui plairont aux amateurs de course à pied. À n’en pas douter !

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