L’autonomie est l’un des principaux enjeux du marché des montres gps connectées sportives et, même dans les montres de base, il semble désormais bien loin le temps pas si lointain où il fallait charger sa montre après quasiment chaque sortie.

Avec l’Enduro, Garmin a frappé fort. Très fort. La marque a tout simplement sorti à la mi-février le modèle du genre à la plus grande autonomie au monde. Jusqu’à 80 heures en activités avec de bonnes conditions d’ensoleillement, le tout sans perte de précision gps et avec tous les capteurs et analyses possibles embarqués sur les équipements de la marque américaine. Environ 70 heures sans le gain potentiel jusqu’à 15% grâce à la recharge par énergie solaire, selon le même principe que sur les autres montres haut de gamme Garmin embarquant cette technologie.

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Taillée pour les amateurs d'ultra

80 heures donc ! Soit plus de 3 jours d’efforts continus (et jusqu’à un an en montre connectée hors activités !). Des chiffres vertigineux.

Pour l’immense majorité des sportifs, cette autonomie remarquable, qui se confirme dans nos tests de terrain, n’a cependant que peu de sens. Pouvoir partir quelques jours à la montagne sans penser à emporter son câble de recharge, c’est agréable. Pouvoir enchaîner les sorties plusieurs jours durant sans surveiller sa batterie, ça l’est aussi. Mais entre les 36 heures de la Forerunner 945 et de la Fenix 6 de base, il y a une différence – certes énorme – qui, dans les faits, n’aura plus que probablement pas d’utilité ni d’impact pratique pour 99% des coureurs.

Avec l’Enduro, Garmin vise donc clairement un public de niche : celui des ultra (ultra) traileurs. Ceux qui s’en vont sur les sentiers plusieurs jours durant sans repasser par la "case maison". Pour eux, cette avancée constitue un énorme pas en avant. Pour les autres qui regardent vers ce type de montre haut de gamme, ils trouveront toujours plus que certainement leur bonheur, notamment, dans la large gamme Fenix 6.

Car l’Enduro est en fait une Fenix 6X (le modèle avec le boîtier le plus large) avec une plus grande autonomie mais pas de cartographie (ni de musique). Soit, vraiment, une excellente montre capable de satisfaire la plupart des exigences. Mais sans cartographie, option généralement plus convoitée en Belgique qu’une autonomie de 80 heures, il y a fort à parier que beaucoup continueront à opter actuellement pour la gamme Fenix 6 à l’heure du choix. Certes, il y a un bien le guidage par suivi de trace sur l’Enduro, mais sans ce fond de carte qui améliore considérablement l’expérience.

Sachant que l’Enduro est vendue à 799,99 € (modèle acier) et 899,99 € (modèle titane) alors que la Fenix 6 Pro (avec carto) l’est à partir de 649,99 € (899,99 € pour la Fenix 6X Pro Solar), cela fait au final cher le choix de l’autonomie tout en se privant de la principale avancée de l’univers Garmin à nos yeux de ces dernières années.

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Gros gabarit, poids plume

Au niveau des petites différences avec une Fenix 6X, on pointera un nouveau bracelet en nylon tissé plutôt que le classique QuickFit. A l’usage, ce bracelet est tout aussi pratique et même moins irritant pour la peau quand on le porte longtemps et serré. Il est aussi et surtout 21 grammes plus léger que le QuickFit, ce qui permet à l’Enduro de n’afficher que 61 grammes dans son modèle titane et 71 grammes en acier. Extrêmement léger et remarquable pour une montre d’un tel gabarit.

L’Enduro, au niveau du look, se distingue aussi par un cerclage jaune à l’extérieur de son écran, sur la zone où s’effectue en fait la recharge solaire. Le bouton "play" est aussi de ce colori. Le tout rend bien et donne son caractère propre à l’Enduro par rapport à une Fénix.

Pour le reste, l’Enduro est identique à ce que vous trouverez sur une Fenix 6.

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Deux nouvelles options

La sortie de l’Enduro fut également l’occasion pour Garmin de proposer, outre l'amélioreration de l'option ClimbPro qui intègre désormais également les données en descente, deux nouveautés intéressantes : un profil Ultra Run et le calcul de la VO2Max sur les profils destinés à la pratique du trail. Deux options qui, via une mise à jour, ont été généralisées aux autres modèles haut de gamme de la marque.

Cela ne distingue donc pas spécifiquement l’Enduro des Fénix ou de la Forerunner 945, même si ce fut l’occasion pour nous de se pencher sur ces deux nouveautés.

  • Profil Ultra Run

C’est un profil d’activité spécifique, en plus de tous ceux existant déjà, destiné à l’ultra. La différence par rapport au profil trail ? Il permet de ne pas stopper sa montre lors du passage à un ravitaillement ou une base de vie. Un appui sur la touche "lap" et un écran indiquant le temps de repos s’affiche, en plus du temps cumulé depuis le départ. Subtilité, le gps, lui, s’arrête, ce qui permet d’éviter les bugs liés au fait que vous vous trouvez à l’intérieur d’un bâtiment, ce qui n’empêche pas votre accéléromètre de vous comptabiliser vos quelques mètres faits jusqu’à la table de ravitaillement par exemple. Au final, la distance parcourue sur l’ensemble de votre ultra est plus précise alors que le temps écoulé total, sans l’interruption liée au ravitaillement, est correct. Intéressant, notamment, dans l’optique des barrières horaires.

Via l’application Garmin IQ, il est même possible de paramétrer via ce profil les différentes barrières horaires (ou ravitaillements) prévues sur le parcours, ce qui permet de connaître à tout moment la distance et le temps restant jusqu’au prochain objectif. Pour ce faire, il faut télécharger "Enduro CF" sur cette application.

  • VO2 Max sur les profils trails

Jusqu’à présent, les activités réalisées via le profil trail n’entraient pas en compte pour le calcul de la VO2Max sur les montres Garmin. Pourquoi ? Car le dénivelé n’était pas pris en compte par l’algorithme calculant cette donnée. C’est d’ailleurs pour cela que votre VO2Max diminuait après une activité réalisée sur le profil "course" avec de nombreuses ascensions, quand bien même votre forme était au top.

Désormais, un nouvel algorithme a été déployé, sur l’Enduro mais aussi sur la gamme Fenix 6, permettant de tenir compte du dénivelé positif et négatif lors d’une activité pour établir votre VO2Max. A l’usage, cela fonctionne, avec certaines limites à nouveau. On a constaté que les données de VO2Max proposées étaient correctes lors d’une sortie avec du dénivelé sur un terrain "correct". Mais impossible pour une montre – pas à l’heure actuelle en tout cas – de tenir compte de la technicité du sol ou de son état, ou encore d’un violent vent de face. Grimper une côte à 20% sur un chemin propre n’est en effet pas du tout comparable à le faire sur un sol détrempé ou rempli de cailloux. Dans ce second cas, la VO2Max proposée reste, comme lorsqu’on utilisait le profil "course" lors d’une sortie trail par le passé, sous-estimée.