1. La Grande Course de Flanagan

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Nous sommes en 1931, dans l’Amérique post-krach boursier (1929). Deux mille athlètes, dont 121 femmes, viennent chasser la prime de 25 000 dollars donnée à celui ou celle qui franchira en premier la ligne d’arrivée d’une course incroyable. En partant de Los Angeles, rallier New York à raison de 80 km par jour. Au total 5 063 bornes. Ce livre de plus de 600 pages est un récit homérique, une épopée. Il raconte les multiples destinées de ce peloton plein d’espoirs qui s’entrecroisent. Une folie aventureuse, dans les plaines, les montagnes, le chaud, le froid. Magnifique. D’autant que la course a vraiment existé, avec une première édition en 1928.

La Grande Course de Flanagan, de Tom McNab en 1982, réédité chez J’ai lu en deux tomes.

2. Free to run

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"Courir pour être libre". Une belle pièce (format 24x34 cm), pas toujours facile à caser dans une bibliothèque, mais un petit bijou qui raconte l’irrésistible ascension de la course à pied, des temps anciens où les femmes étaient interdites de marathons, jusqu’à cette époque de sport-business, avec des dizaines de milliers de coureurs présents sur les grandes courses, qui commença début des années 90. Le livre regorge de belles photos, parfois étonnantes. Le premier marathon de New York, le "combat" des femmes, la revue Spiridon. Un superbe graphisme d’ensemble confère un vrai plus à cette lecture aussi intéressante que divertissante. À noter : ce livre est le prolongement d’un film du même nom réalisé par l’auteur.

Free to run, de Pierre Morath en 2018, chez Hugo et cie, 35 euros.

3. Born to run

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"Né pour courir". Revenir aux sources. Halte à la course à l’armement qui passe par des chaussures à plus de 200 euros, des montres hyper-sophistiquées… Christopher McDougall, l’auteur, est un coureur à pied handicapé par des blessures à répétition. Il part à la recherche des fameux Tarahumaras, membres d’une "tribu" vivant dans le nord du Mexique, coupés au maximum du monde extérieur. La plupart d’entre eux courent chaque jour des distances incroyables en sandales (huaraches, comme le nom que donna une marque connue à une de ses gammes de chaussures). Cet ouvrage, quasi une bible pour les coureurs minimalistes, est philosophique et tient en haleine le lecteur tant il est passionnant. Il existe en français (chez Guérin) depuis 2012, mais a été écrit en 2009.

Born to run, de Christopher McDougall en 2012 chez Guérin, 410 pages, 29 euros.


4. La Frontière invisible

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Il s’agit ici du deuxième ouvrage du Catalan Kilian Jornet, figure référente du trail mondial depuis des années. Autant le premier ("Courir ou mourir"), écrit par lui, est plutôt moyen dans sa forme, autant celui-ci est plus abouti. Jornet y est dans l’introspection. Il évoque son amour de la montagne, bien sûr, mais aussi son besoin de solitude. La notion de mise en danger de sa vie y est aussi abordée. Et même la mort, puisqu’il revient sur le choc ravageur provoqué par la mort d’un ami lors d’une traversée de sommets à deux dans les Alpes françaises. Un voyage au Tibet, prélude à ses deux ascensions réussies de l’Everest, ses débuts amoureux avec celle qui est aujourd’hui la maman de leur premier enfant, figurent aussi dans les points d’intérêt de ce livre.

La Frontière invisible, de Kilian Jornet en 2013 chez Outdoor éditions, 191 pages, 23 euros

5. Marche ou crève

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Une petite madeleine de Proust ici. Pas tout à fait en raccord avec le thème de la course à pied puisqu’il s’agit de marche longue et rapide utilisée comme toile de fond à ce roman d’anticipation écrit par Stephen King alors qu’il était encore étudiant. Chaque année a lieu à travers les États-Unis la "Longue marche". Cent jeunes de moins de 18 ans sont sélectionnés. Un seul sortira vainqueur… et vivant. En effet, la course, encadrée par des militaires, élimine en le tuant après 3 avertissements chaque candidat descendant sous les 6,5 km/h. Le livre, haletant, raconte chaque "élimination" et s’attarde sur la destinée de ceux qui iront le plus loin. Époustouflant déjà de maîtrise. Un livre très spécial, mais dont il est difficile de se détacher tant que l’on n’est pas arrivé au dernier point.

Marche ou crève, de Stephen King en 1979, 346 pages chez Albin Michel. Paru en format poche depuis.