Depuis l’année 2020, le semi-marathon de la province de Liège relie deux lieux emblématiques de la région : l’île Robinson à Visé où se tient le départ et l’île Monsin à Liège où sera jugée l’arrivée. Parallèlement, une course sur 10 kilomètres est organisée. Elle démarre d’Hermalle-sous-Argenteau. Sans oublier celle sur 3 kilomètres qui part directement de l’île Monsin. Autant de parcours très rapides.

Petite originalité de cet événement : les coureurs peuvent se rendre au départ de l’épreuve en voiture, bien sûr, mais ils ont aussi le choix d’utiliser l’un des trois moyens de transport alternatifs proposés, à savoir le bateau, le train ou le vélo (à choisir lors de l’inscription).

Sur les traces de Liège-Mouland

Le semi-marathon de la province de Liège en est donc à sa 2e édition. Cependant la course puise ses origines dans un passé beaucoup plus ancien puisqu’en ces mêmes lieux se déroula jadis une épreuve appelée "Liège-Mouland et retour" qui reste dans l’histoire comme le tout premier marathon organisé en Belgique et l’un des tout premiers sur le sol européen, en dehors de la Grèce.

Nous sommes en 1910. La course avait été organisée par l’association des commerçants industriels du quartier de l’ouest de Liège. Cinquante-six coureurs s’y étaient inscrits, avec parmi eux des Liégeois bien sûr, mais aussi des Bruxellois et une dizaine de Français.

Aujourd’hui, les pelotons se sont formidablement étoffés et le profil des coureurs s’est aussi diversifié. Par exemple, on compte autant d’hommes que de femmes dans les pelotons, ce qui aurait sûrement surpris les coureurs de l’époque. Il reste que nous leur devons beaucoup dans l’éveil d’une passion qui allait grandir tout au long du siècle avec des moments fastes comme la vague du jogging dans les années 1970 et d’autres où la mise sur les rails de grandes épreuves populaires s’est heurtée à des interdits comme lors de la récente pandémie.

Aux bons conseils de Jean Lhermit

Mais que savait-on à l’époque de la course à pied ? Par chance, en furetant aux puces, nous avons retrouvé un petit ouvrage écrit par un certain Jean Lhermit qui s’intitule précisément Les Sports pédestres, édition 1910. Il fourmille de conseils. Un siècle plus tard, certains paraissent totalement désuets. D’autres étonnent au contraire par leur modernité !

Au fil de la lecture, on tombe aussi sous le charme d’une écriture forcément surannée comme cette métaphore proposée dans la préface. "La forme physique est comme les gazons d’Oxford, écrit l’auteur. Elle ne pousse pas en une nuit."

On aime aussi cette définition du sport proposée dans les premières pages. "Qu’est-ce que le sport ? C’est la recherche de la bonne santé par des exercices raisonnés. C’est là du moins sa vraie signification, son but réel ; les grandes compétitions, les courses, les records, n’étant que des broderies destinées à égayer une étoffe au dessin un peu sévère."

Certes, nous ne dirions plus les choses de la même manière. Mais l’idée demeure : des épreuves comme le semi-marathon de la province de Liège sont les "broderies" de nos aspirations sportives.

Anouk Ramaekers ("Zatopek Magazine")