La renaissance du championnat du monde d’Endurance à nouveau promis à un avenir doré se fait attendre. Pour la cinquième année, on doit présenter les 6H de Spa, deuxième manche du WEC, comme une édition de transition. Avec 37 bolides certes, mais une lutte "fake" entre un seul grand constructeur (Toyota) présent avec deux protos GR010, une Rebellion LMP1 rebadgée Alpine A480 qui n’a rien d’une Hypercar et une artisanale Glickenhaus (du nom de son propriétaire américain) conditionnant sa présence à ses chances de jouer devant.

Et cela semble fonctionner puisque la 007 a signé hier soir sa première pole aux mains d’Oliver Pla, deux dixièmes devant l’Alpine, les Toyota, à trois dixièmes, étant renvoyées en deuxième ligne.

En attendant l’arrivée retardée de Peugeot (les 9X8 sont attendues à partir de Monza), le retour peut-être avancé de Porsche qui multiplie les tests avec sa nouvelle LMDh et les participations en 2023 de Ferrari et Cadillac, le WEC fait encore le dos rond. Les législateurs de l’ACO jouent plutôt bien que mal avec la Balance de performances pour tenter d’équilibrer les débats entre les trois marques présentes en Hypercar et d’offrir un semblant de suspense aux fans revenus nombreux.

À plus de deux secondes de ses temps de 2021, Toyota a dû accepter d’être battue par Alpine à Sebring et sur un tour par l’inconnu Glickenhaus, mais sait qu’elle ajoutera sans doute une nouvelle victoire au Mans. Invaincus à Francorchamps depuis 2017, les Japonais ont hâte de revoir de la vraie concurrence. En attendant, ils font semblant d’être inquiétés par Alpine et Glickenhaus. Mais quatre autos de pointe, c’est naturellement trop peu pour l’intérêt général.

Heureusement pour le suspense et la course qu’il y a une quinzaine de LMP2 chassant derrière avec le team belge champion du monde WRT (surpris hier par l’AF Corse d’Alessio Rovera signant la pole pour 44 millièmes en passant deux trains de pneus) alignant deux Oreca.

En GTE-Pro, il y a tout aussi peu de concurrents (cinq) mais un vrai match très serré entre trois constructeurs : Porsche, Ferrari et Corvette. Mais à vrai dire, là aussi on vit une interminable transition et on attend avec impatience l’avènement de la catégorie GT3 (en 2024) qui relancera totalement l’attrait pour la catégorie GT.