La crise sanitaire aura-t-elle raison de l’Ironman d’Hawaï ? En marge du Mondial mi-distance qui aura lieu ce week-end, à Saint Georges, dans l'Utah (États-Unis), le PDG d’Ironman Andrew Messick a, en tout cas, jeté un fameux pavé dans la baie de Kailua-Kona quand il a évoqué que l’épreuve mythique pourrait être déplacée, affirmant encore que sa société envisageait toutes les possibilités.

Déjà reportée en octobre 2020, puis annulée en février 2021, la 44e édition de l’Ironman d’Hawaï a, tout récemment, encore été postposée d’octobre 2021 à février 2022 en raison des répercussions du Covid-19 sur l’île américaine et, aussi, des restrictions de voyage décrétées par les autorités empêchant les milliers de triathlètes professionnels et amateurs de rallier Kona.

S’exprimant lors de la conférence de presse présentant le Mondial mi-distance, Andrew Messick, le patron d’Ironman a expliqué les défis auxquels lui et son équipe ont été confrontés pour gérer l’incertitude persistante pendant la pandémie et, surtout, pour organiser le fameux Mondial. Et d’ajouter :

"Nous explorons toutes les options, y compris l’éventualité de déplacer l’épreuve de Kona vers un autre lieu…"

Et cette phrase n’est vraiment pas passée inaperçue, déclenchant même une multitude de réactions. Il est vrai que, le mois dernier, Ironman a été contraint d’annoncer que l’épreuve qui devait avoir lieu le 9 octobre, à Kona, était reportée au 5 février 2022 à cause d’une résurgence du nombre de cas de Covid-19, de la montée non-contrôlée du fameux variant Delta et son impact sur l’île d’Hawaï.

Mais, désormais, il y a des inquiétudes et des spéculations selon lesquelles, même d’ici février, il pourrait ne pas être possible d’organiser, en toute sécurité, la prestigieuse épreuve ! D’où une incertitude ingérable pour les organisateurs d’un événement de cette importance. Pire, nul ne sait quand une décision pourra être prise.

"La planification est actuellement très compliquée." conclut Andrew Messick.

L'Ironman est né à Hawaï en 1978

Prendre un jour le départ de l’Ironman d’Hawaï est pour de nombreux triathlètes une manière d’entrer dans l’histoire de leur sport. La légende raconte que c’est donc sur cette île qu’est né l’Ironman, un soir de janvier 1978, au Primo Gardens de Pearl City, une taverne près de Pearl Harbour.

Ce soir-là, John Collins, commandant de la Navy, proposa d’enchaîner les 3,8 km de la Waikiki Rough Water Swim, épreuve de natation, les 180 km du tour de l’île à vélo et les 42,195 km du marathon d’Honolulu. Le vainqueur serait baptisé Ironman (Homme de fer).

Et le 18 février 1978, ils furent quinze à prendre le départ. 11h46.58 plus tard, Gordon Haller devint le premier Ironman devant onze autres finishers. L’année suivante, Lynn Lemaire fut la première Femme de fer.

En plus de quarante ans d'existence, l’histoire de l’Ironman d’Hawaï est jalonnée de victoires, de records, d’exploits et de drames. Plusieurs hommes et femmes ont marqué l’épreuve, à l’image de Dave Scott, The Man, et de Mark Allen, The Grip, tous deux vainqueurs à six reprises !

Huit fois victorieuse, Paula Newby-Fraser détient, elle, le record féminin. De drames, il fut également question, comme celui vécu par Julie Moss en 1982. Déshydratée, l’Américaine termina l’épreuve à l’agonie. Titubant à quelques mètres de la ligne, elle s’écroula et fut dépassée par sa compatriote Kathleen McCartney. Moss franchit même l’arrivée à quatre pattes…

Le triathlon est parfois résumé à ces images extrêmes, mais de nombreux triathlètes confient également s’être lancés dans l'aventure après les avoir vues, à Hawaï ou ailleurs...