"Si je peux respirer, je prends le départ !" Et Andrew Starykowicz a pris le départ, en novembre 2019, lors des épreuves Ironman de Waco (2e) et de Floride (4e). Mais, dans la foulée, l’Américain de 38 ans a été contrôlé positif au Vilanterol, que l’on retrouve dans les broncho-dilatateurs.

Et pour cause ! Un mois auparavant, Andrew Starykowicz avait déclaré forfait pour l’Ironman d’Hawaï en raison d’une bronchite et d’une pneumopathie virale, diagnostiquées par son médecin. Celui-ci lui a prescrit du Medrol et du Vilanterol, deux produits interdits figurant sur la liste de l’Agence mondiale antidopage.

Des médicaments pour lesquels l’Américain a donc demandé deux autorisations d’usage à fins thérapeutiques (AUT), qu’il a présentées tant à Waco qu'en Floride.

Le problème ? Quelques jours après la deuxième épreuve, la première AUT (pour le Medrol) a été acceptée, mais pas l’autre (pour le Vilanterol) ! Andrew Starykowicz a, alors, demandé à l’Usada, l’organisme antidopage américain, de revoir le plus rapidement possible son jugement. Sans succès…

Le 13 décembre 2019, Ironman lui a signalé son infraction à la loi antidopage, mais il s’est quand même aligné, le lendemain, au Challenge de Daytona, qu’il a terminé à la quatrième place. Cette obstination, le détenteur du meilleur chrono à vélo sur full-distance, l’explique sur son blog.

En résumé… "J’ai pris la décision de m'aligner à mes risques et périls, tout comme d’autres avant moi. Certains ont été sanctionnés d’un avertissement, d’autres d’une suspension de trois mois. Mais jamais de quatre ans, comme le voulait Ironman, ni même de deux, comme l’a décidé l’Usada."

Starykowicz ajoute qu’il est professionnel, que le triathlon est son métier, lui permettant de vivre, lui et sa famille.

L’Américain a, dès lors, interjeté appel de la décision de l’Usada le 20 décembre, mais le 14 janvier 2020, l’instance a confirmé l’irrégularité. S’en suivit une longue période de recours et de doutes avec l’intervention, en mars, du Tribunal arbitral du Sport (Tas) qui, en août, a statué qu’il y avait bel et bien violation du règlement antidopage, expliquant également que des traitements alternatifs et non-interdits, étaient possibles.

Andrew Starykowicz a donc été non seulement disqualifié des trois épreuves auxquelles il a participé fin 2019, mais aussi suspendu pour deux ans (!), sans compter le fait qu’il devait rembourser les primes reçues…

Dernier rebondissement de cette triste histoire, où la parole de l’un ne vaut pas forcément celle de l’autre, la sentence a été réduite à treize mois par l’Ama car le Vilanterol sera retiré de la liste des produits dopants à partir du 1er janvier 2021, date à laquelle Starykowicz pourra, lui, de nouveau s’aligner en compétition !