Rien ne sert de nager vite quand on a les jambes de Jelle Geens ! Mais… Nul doute que le Limbourgeois ne s’attendait à sortir de l’eau en 46e position et à 54 secondes du Français Vincent Luis, suivi comme son ombre par Marten Van Riel, finalement sixième et septième de cette répétition générale olympique, à Yokohama, remportée par le Norvégien Blummenfelt en 1h42’55 pour 1,5 km de natation, 40 km à vélo, 10 km à pied.

"Ce fut ma pire natation depuis de longues années ! Heureusement, j’ai pu revenir à vélo grâce, notamment, à ma collaboration avec l’Israélien Sagiv, que je remercie. Avec le troisième groupe, nous avons comblé un écart de près d’une minute et nous sommes rentrés sur la tête d’un peloton d'une quarantaine de gars. À partir de là, je me suis positionné aux avant-postes pour bien démarrer à pied, où je savais que j’avais une chance…" expliqua Jelle Geens, finalement deuxième de cette World Series japonaise.

La décision est tombée dans les deux derniers kilomètres, quand le Norvégien Blummenfelt a pris pour la première fois la tête, après s’être laissé emmener par le trio Geens-Schomburg-Yee. L’Allemand fut le premier a lâché prise. Puis, ce fut au tour du Britannique alors que, derrière, Luis et Van Riel couraient à leur rythme sans esquisser la moindre réaction. Au contraire de l’Américain Morgan Pearson qui, dans un style peu orthodoxe, parvint à se hisser sur la troisième marche du podium, à 18 secondes de Blummenfelt et 7 de Geens.

"Je suis très heureux de cette deuxième place, après mes troisième et quatrième rangs l’an dernier, à Hambourg (4e), Karlovy Vary (3e) et Valence (3e). J’ai mené la presque totalité de la course à pied, jusqu’à ce que Blummenfelt n’accélère. J’ai, alors, tenté de résister. Mais j’ai fini par craquer. Dommage !" conclut le Limbourgeois, qui a marqué des points en vue des Jeux de Tokyo.

Derrière Blummenfelt, Geens et Pearson, Alex Yee a conservé la quatrième place, à 0’23, le Sud-Africain Henri Schoeman brûlant la politesse pour la cinquième (à 0’32) aux inséparables Vincent Luis (à 0’41) et Marten Van Riel (à 0'43), le Français Bergère, le Norvégien Iden et l’Allemand Schomburg, à la peine, complétant le Top 10.

Claire Michel 9e, Valerie Barthelemy 16e

Côté féminin, Claire Michel et Valerie Barthelemy se sont classées respectivement 9e et 16e d’une épreuve remportée par la jeune Américaine de 22 ans Taylor Knibb en 1h54’27. Celle-ci s’est isolée à vélo en compagnie de la Néerlandaise Maya Kingma, troisième en 1h55’05, rattrapée et dépassée in extremis par une autre Américaine, Summer Rappaport, deuxième en 1h54’57. Lors de cette véritable répétition générale en vue des Jeux de Tokyo, Claire Michel et Valerie Barthelemy se sont particulièrement bien débrouillées.

Sorties de l’eau en 21e position, à 0’23, pour Valerie et à la 27e place, à 0’33, pour Claire après 1,5 km, les deux Belges ont intégré un deuxième groupe d’une vingtaine de concurrentes avec, entre autres, l’Américaine Katie Zaferes, grandissime favorite avec le dossard n°1. Et elles sont revenues sur la tête après 12 des 40 km à vélo, moment que choisirent Knibb et Kingma pour s’échapper.

Derrière, le peloton entrait au complet en deuxième transition avant d’attaquer les 10 km à pied, que Claire Michel boucla en 34’09 pour s’offrir une superbe 9e place, en 1h55’39. De quoi rassurer la Bruxelloise sur sa condition physique et, surtout, sur l’état de son genou, fracturé en octobre 2019 ! Valerie Barthelemy a, elle, coupé la ligne d’arrivée à la 16e place, en 1h56’39, alors que Zaferes a dû se contenter du… 22e rang, peu en rapport avec ses qualités intrinsèques. La concurrence s’annonce particulièrement rude dans l’équipe américaine avec, également, la 4e place de Taylor Spivey et la 14e de Kirsten Kasper !