La justice allemande va comparer son ADN avec des poches de sang de Puerto

BONN L'étau se resserre au- tour de Jan Ullrich avant, sans doute, qu'il ne le fasse autour des autres coureurs impliqués dans l'opération Puerto mais qui, pour le moment, peuvent toujours courir, tant que la justice espagnole n'a pas instruit complètement le dossier. Car si elles interdisent (actuellement) aux fédérations cyclistes et sportives de se servir des pièces de l'enquête pour sanctionner les personnes impliquées avant que ne se tienne le procès, au mieux dans le courant de cette année, les autorités judiciaires espagnoles ont transmis au parquet de Bonn le dossier (ou du moins tout ce qui pourrait concerner Ullrich, sans doute).

Le parquet de Bonn instruit, en effet, une enquête à décharge de l'ancien vainqueur du Tour après 1997, une plainte de Britta Bannenberg, professeur d'université à Bielefeld, spécialiste en criminologie et elle-même ancienne athlète qui estime que" Jan Ullrich a caché à T-Mobile l'utilisation de substances illicites et se les est procurées grâce à son salaire et à ses primes".

Les enquêteurs allemands vont pouvoir comparer l'ADN d'Ullrich, saisi chez lui en Suisse lors d'une perquisition effectuée à l'automne dernier alors qu'il venait de partir en voyage de noces (Ullrich avait dû revenir) avec des échantillons sanguins saisis lors des perquisitions de l'opération Puerto.

Qui voudra encore de lui ?

"Nous aurons les poches de sang provenant d'Espagne très bientôt, la semaine prochaine ou début février", a dit hier le procureur de la République allemande avant de tempérer les espoirs de ceux qui pensent que l'affaire trouvera vite un épilogue. "Cette comparaison mettra au plus deux ans."

Il n'est pas sûr qu'avec cette épée de Damoclès au-dessus de l'Allemand, 32 ans, une équipe veuille encore s'adjoindre ses services puisque, contrairement à Ivan Basso, au- tre impliqué vedette de l'affaire, Jan Ullrich n'a pas retrouvé d'employeur depuis qu'il a rompu son contrat de commun accord avec T-Mobile.



© La Dernière Heure 2007