Pas facile de se faire un prénom dans la boxe quand on a un père qui fut champion du monde des lourds (et des lourds-légers) et, à plus forte raison, quand on est issu d’une famille de... onze enfants. C’est pourtant le pari audacieux que s’est lancé Eleazar « Evan » Holyfield qui, après avoir goûté au football et au basket-ball, a définitivement opté pour le noble art dès l’âge de 13 ans.

Véritable bête d’entraînement, mais aussi de compétition, il a tout d'abord cumulé 80 combats dans les rangs amateurs avant de signer avec la société de promotion Main Events dont la directrice Kathy Duva a signé son célèbre paternel 35 ans plus tôt.

Émargeant à la catégorie des super-welters, Evan Holyfield a donc effectué ses débuts chez les professionnels, le week-end dernier, au MGM Grand de Las Vegas, en sous-carte du championnat WBO des mi-lourds entre Canelo Alvarez et Serguei Kovalev. 

Et le moins que l’on puisse écrire est que les choses n’ont pas traîné puisque le jeune Américain, sous les yeux de son père (57 ans depuis peu), n’a mis que 16 secondes pour battre son compatriote Nick Winstead (0-2), qu’il a envoyé au tapis après quelques combinaisons rapides. L’arbitre du combat décida d’en rester là, une décision pas franchement au goût du public mais prise dans l’intérêt d’un boxeur en fâcheuse posture.

.

Evan Holyfield, lui, a le regard déjà tourné vers l’avenir. « Je veux que l’on se souvienne de moi de la même façon que l’on se souvient de mon père », dit le jeune homme, qui ne craint pas les inévitables comparaisons avec son aîné. « Il n’y a jamais eu de duo père-fils au Hall of Fame. Je veux que l’on soit les premiers ! La pression ? Elle ne me dérange pas : c’est elle qui me permettra d’élever mon niveau à chacune de mes sorties.»

© AFP