La Longue Route, le livre de Bernard Moitessier, qui narre son parcours dans son périple autour du monde en 1968, fut certainement le livre de chevet de nombre d’adolescents rêvant de circumnavigation et en particulier de Denis Van Weynbergh, le skipper ottintois qui entretient l’espoir d’être au départ du prochain Vendée Globe en novembre 2020 aux Sables d’Olonne et d’être le premier Belge à le terminer. 

Chaque marin aborde l’Everest des mers avec sa propre philosophie. Détendu et déterminé, Denis Van Weynbergh a présenté l’avancement du projet cette semaine à Ostende.

"Si je puis oser une comparaison avec le Dakar, mon bateau, c’est un Pajero, le dernier Imoca Hugo Boss d’Alex Thompson, à peine sorti des chantiers, c’est une 205 GTI. Et les budgets ne sont évidemment pas les mêmes. Pour Hugo Boss, on tourne entre 15 et 20 millions d’euros sur quatre ans pour un monocoque de dernière génération muni des fameux foils ( qui ont fait flamber les coûts ) avec une équipe de 15 à 20 salariés. Je tourne autour d’1,7 million, ce qui inclut les courses de préparation dont la transat Jacques Vabre dans deux mois. Nous avons trouvé la moitié du budget. Il manque encore un gros sponsor pour le boucler et être certain d’être au départ de la Jacques Vabre. Avec les retombées de cette transat, on devrait boucler la boucle. À titre d’exemple, un jeu de voiles sur un Imoca (60 pieds) représente un budget de 200 000 euros mais une simple pièce de 15 centimètres, fixée à de nombreux endroits sur le bateau et qui sert de passage aux cordes, c’est 500 euros. Tout est démesuré puisque les pièces sont fabriquées à un nombre réduit d’exemplaires. En fait, derrière chaque bateau de course se cache une petite entreprise."

Le cliché du skipper buriné et bourru est révolu. Chaque skipper est un patron d’entreprise qui doit jongler entre présentation Powerpoint et cirés humides. "Après l’acquisition du bateau d’occasion (NdlR : le Spirit of Hungary de Nandor Fa qui a terminé le Vendée Globe en 2016 et rebaptisé EyeSea), c’est la ronde des sponsors pour financer le budget de fonctionnement - courses préparatoires, frais d’inscription, assurances, remplacement de matériel sans compter tous les frais annexes… Ces démarches réclament du temps, de l’énergie et de l’abnégation. Rares sont les bateaux à sponsor unique, on doit privilégier le multipartenariat sous forme de packages variés…"