Mondiaux de ski alpin. Il s'impose devant sa majesté Maier dans le slalom géant

ARE Le Norvégien Aksel Lund Svindal a ceint la couronne du slalom géant aux Mondiaux de ski alpin mercredi à Are, le jour même où Hermann Maier a abdiqué de son titre et, plus encore, capitulé sans condition avec toute la Wunderteam autrichienne.

La passation de pouvoir a été anticipée par la sortie de piste du dossard 1, celui du champion olympique Benjamin Raich qui aurait pu seul sauver l'Empire de la débâcle.
Perdu à la 21e place, Maier a seulement précédé Rainer Schoenfelder (25e), autre rescapé chez les blanc et rouge, d'une première manche qui avait vu Hannes Reichelt éjecté de la bonne trajectoire et Christophe Gruber être disqualifié.

Le nouveau roi, âgé de 24 ans, vient de la lignée prestigieuse des Lasse Kjus et Kjetil Andre Aamodt, qui se sont retirés ces derniers mois. Pour bien imprimer sa marque, il a commencé dimanche dernier par remporter la discipline reine de la descente, ce qu'aucun de ses glorieux prédécesseurs n'avait pu accomplir aux Championnats du monde ou aux JO.

"Comme style, je me sens plus proche de Kjus, mais je n'ai pas son toucher de neige", a indiqué le lauréat.
Il est devenu aussi le premier skieur à réaliser le doublé descente-slalom géant depuis le Français Jean-Claude Killy aux Jeux d'hiver de Grenoble 1968.

Géant

En reléguant Daniel Albrecht et Didier Cuche à 48 et 92/100, qui confirment le retour au sommet de la Suisse, Svindal a confirmé ses aptitudes dans la discipline de base du ski alpin. "La descente était mon objectif principal mais cette saison en géant j'ai été très régulier", a rappelé le skieur de Kjeller, dans la banlieue d'Oslo.

Il était effectivement monté sur les podiums de trois des quatre géants disputés cette saison, s'imposant à Hinterstoder (Autriche) le 21 décembre.

A ceux qui font remarquer que la neige abrasive et une pente facile avaient avantagé son gabarit (1,89 m pour 95 kg), le Norvégien a répondu: "c'est vrai que les conditions de neige sont différente des Alpes, peut-être à cause du froid, et que j'ai un avantage puisque j'ai grandi en Scandinavie. Mais la réussite ici n'a rien à voir avec l'endroit d'où tu viens mais plutôt avec la forme que tu tiens. Et en ce moment je suis en grande forme."

Leader du classement général de la Coupe du monde, Svindal voit dans ses succès d'Are un viatique pour conquérir le grand Globe de cristal. "C'est la plus belle chose qu'un skieur peut gagner car cela veut dire qu'il est le meilleur tout l'hiver, pas seulement le jour J. Le fait d'avoir gagné deux médailles d'or aux Mondiaux m'enlève de la pression par rapport à cet objectif. J'ai déjà gagné quelque chose maintenant, je suis plus relax".

Svindal, quelle que soit l'issue de la Coupe du monde, est bien l'homme de l'hiver. Le symbole aussi d'une nouvelle génération qu'illustrent aussi Albrecht (23 ans) et l'Américain Ted Ligety, 22 ans, qui a échoué à 7/100 du podium. Le cours de l'histoire a aussi emporté l'Américain Bode Miller, qui rate ses Mondiaux comme il avait raté les JO il y a un an.