Certains disent qu’il est fou, d’autres qu’il est excentrique. Ce dimanche, de son propre aveu, Sébastien Mahia était kamikaze en s’élançant, alors que l’alerte jaune était décrétée sur tout le pays, à l’assaut de 100 km en boucle de 1,6 km autour du lac de Louvain-la-Neuve.

8h38 plus tard, dans la souffrance, frigorifié, à travers un décor rendu chaotique avec ces arbres qui pliaient sous l’effet du vent et les nombreuses branches tombées au sol, le Jambois a bouclé son objectif, même si son espoir de descendre sous les 8 heures n’a pas été atteint.

"Mais je n’ai pas de regret. Je suis parti très rapidement, avec un marathon en 3h03 et une moyenne de 13,5 km/h sur les 50 premières bornes. Dix personnes se sont relayées pour m’épauler, un soutien moral indispensable. Mon caractère n’est pas d’abandonner, mais seul, j’aurais sûrement marché ! Là, j’ai vraiment dégusté, sans m’arrêter."


Si l’objectif temps n’a pas été atteint, des circonstances atténuantes sont à souligner. Mais celui qui enseigne dans le Brabant wallon n’en a cure. "Oui, il y avait beaucoup de vent, bien sûr la pluie était désagréable mais c’est ainsi. Musculairement, les jambes ont souffert. Du Béton, du béton et encore du béton… cela fait mal."

Du Covid à un 100 bornes

Le tour du lac de Louvain-la-Neuve, long d’1,6 km, est loin d’être évident, lorsqu’on y réalise de l’endurance. "Je suis curieux de voir le dénivelé final de ma course. L’accumulation de faux plats, c’est dur ! Mes jambes étaient tétanisées. Mon record sur 100 km était au trail des Cisterciens, avec 9h57. Ici je fais mieux avec un petit 12 km/h, alors qu’il y a encore un mois, j’avais la Covid."

L’assistance des derniers kilomètres a été particulièrement appréciée. "Claude Desmet, du magasin RunAttitude, est venu avec de l’éclairage pour m’accompagner sur les dix dernières bornes, sinon je me retrouvais dans le noir. Et vu les conditions, cela aurait été délicat."

Place désormais à d’autres défis. "J’ai toujours dans ma tête l’idée de faire un 100 miles (160 km) cette année. Mais il me faudra bien entendu d’abord digérer cet effort et trouver un parcours plus roulant aussi. Mais une chose à la fois !"