Aubry De Koster, ex manager de Tubize: "Un manque de stratégie à 5 ou 10 ans à l'AFC"

Même si Aubry De Koster a vécu de belles choses au stade Leburton, il regrette la gestion du dossier Aoulad.

Pierric Brison
Aubry De Koster, ex manager de Tubize: "Un manque de stratégie à 5 ou 10 ans à l'AFC"
©Sterpigny

Pas question de s’en prendre à Raymond Langendries et au conseil d’administration, encore moins à l’AFC Tubize. Aubry De Koster livre sa version des faits sur son départ. "C’est surtout en raison de divergences de vues avec le conseil d’administration sur la gestion du club et les grandes stratégies, ainsi que l’exécution de cette stratégie à long terme. Une démission avant le 5 novembre aurait pu être négative pour le tribunal et les créanciers, je ne voulais pas mettre en difficulté le club."

Mais en quoi la vision des membres du CA était différente de celle de l’ancien manager général ? Ce dernier utilise le mot "aggiornamento" (un pas en avant vers la modernité), pour opposer les deux projets. "Quand j’ai commencé, il me semblait indispensable de travailler dans la durée, sur une période longue, avec des objectifs clairs et des moyens suffisants pour faire remonter le club. J’avais imaginé un projet AFC Talent Factory, avec la mise en place d’une structure d’investissement, avec des hommes forts de la région ou des entrepreneurs, qui ne proviendraient pas forcément de Tubize et du Brabant wallon, pour apporter un second souffle. Cela aurait permis de faire émerger de nouvelles initiatives et sortir d’une pensée unique, qui a montré ses faiblesses ces dernières années. Il n’y a pas eu assez de débat. Ce plan a été refusé, je laisse donc les autres prendre leurs responsabilités."

Aubry De Koster... bénévole

Une petite déception pour celui qui a travaillé pendant des journées entières… en tant que bénévole. "Je n’ai pas été rémunéré et j’y ai mis beaucoup d’énergie. J’avais et j’ai toujours beaucoup de respect envers M. Langendries et M. Delzelle. Mais je pense, en ne remettant pas en cause leurs qualités et leur engagement constant pour le club, que la stratégie actuelle n’est pas celle que j’avais imaginée. Le club est en difficulté, le football a changé, on ne peut pas gérer de trimestre en trimestre. Ce qui s’est passé ces dernières années n’est pas uniquement la faute aux Coréens et Français. Le club doit pouvoir se remettre en questions dans certains choix. Il y a une certaine forme d’obscurité au niveau de la gestion. Cela montre le manque de stratégie sur le long terme. Et pour moi, c’est impossible sans un projet sur 5 à 10 ans."

Les joueurs n’étaient plus assurés

Aubry De Koster s’est dépêtré pendant neuf mois, entre le dossier de la licence et la procédure en réorganisation judiciaire. "Le 3 mars dernier, les joueurs de l’équipe première n’étaient pas assurés depuis des mois. D’un point de vue légal et moral, en tant que dirigeant, on a des responsabilités. Quand le club n’est pas en mesure de payer les assurances, c’est un élément qui montre que l’AFC Tubize était à deux doigts de péricliter."

Ce qui en dit long sur la charge de travail abattue. "Sur le plan financier, lors des deux derniers trimestres, c’est quasiment un demi-million d’euros de revenus qui ont été générés. On a pu diminuer drastiquement les charges, dans un contexte particulier. Selon les chiffres mentionnés, l’AFC Tubize pourra traverser cette période et poursuivre sur sa lancée."

Le duo Buelinckx/Steens

Sportivement, les Sang et Or se portent bien avec un bilan parfait en D2 ACFF. "J’ai voulu mettre un duo complémentaire en place, avec Theo Buelinckx et Pascal Steens. Ce binôme a démontré une certaine maîtrise et une ingéniosité dans la mise en place du projet dans des conditions économiques très limitées. Avec un staff expérimenté, un groupe homogène et des joueurs qui regorgent de bonnes surprises."

Malgré son départ, le Bruxellois est encore en contact régulier avec les bénévoles du club. "Je n’ai aucun regret et je suis fier du travail réalisé, en compagnie d’une équipe avec qui je suis encore souvent en contact."

Un dossier lui reste toutefois en travers de la gorge. C’est la gestion du cas Mohamed Aoulad, qu’Aubry De Koster a personnellement rémunéré. "La gestion a été trop agressive. Il s’en est fallu de quelques heures pour que le marché ne se fasse pas avec Bahreïn alors que Mohamed Aoulad n’avait pas droit au chômage et qu’il est père de famille. Je ne suis pas son agent, mais je l’ai aidé sur ce coup-là. Pour moi, son départ pouvait en plus permettre au club de dégager des marges de manœuvre pour mettre un ou deux jeunes du noyau sous contrat. Cela aurait pu être une belle opération pour l’AFC Tubize aussi. Là, j’ai été déçu par Raymond Langendries car en pensant défendre les intérêts du club, il a failli faire exploser le deal. On aurait pu avoir une gestion plus souple, dans l’intérêt de l’ensemble des parties."

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