Maximilien Drion champion d'Europe de trail: "Je commence seulement à réaliser"

Maximilien Drion est devenu ce samedi champion d’Europe de trail.

Maximilien Drion champion d'Europe de trail: "Je commence seulement à réaliser"
©corsainmontagna

Au terme d’une épreuve de 47 km et de 2600 mètres de dénivelé positif, le Brabançon wallon Maximilien Drion est devenu ce samedi champion d’Europe de trail en s’imposant à El Paso en Espagne. Un véritable exploit pour cet athlète soutenu par l’Adeps qui brille également en ski-alpinisme et qui, en trail, n’est pas habitué aux distances supérieures à 30 km. Mais ce samedi, celui qui réside en Suisse depuis plusieurs années, s’est imposé en 3 h 43.01, déjouant tous les pronostics, pour s’offrir un moment aussi magique qu’inoubliable.

Maximilien, pouvez-vous nous raconter comment vous avez vécu ces championnats d’Europe de trail ?

"Tout d’abord, il faut savoir qu’il s’agissait de la course la plus longue à laquelle je n’avais jamais participé. Ma plus longue distance remonte aux championnats de Belgique de trail que j’avais remporté, avec un total de 35 km. Aux Canaries, c’était un tracé de 47 km et de 2600 mètres de dénivelé positif. Une distance que je ne pensais pas pouvoir boucler il y a de ça un mois."

Avez-vous songé à ne pas vous aligner sur ce championnat d’Europe ?

"Au début, je voulais refuser ma sélection pour ce championnat d’Europe car je n’étais pas convaincu de pouvoir réaliser une bonne performance sur une distance aussi longue. Mais après une discussion avec mon entraîneur et un temps de réflexion, j’ai décidé d’accepter ma sélection. Bien m’en a pris."

Comment s’est déroulée votre course ?

"Je me suis posé pas mal de questions avant le départ sur mon état de forme et ma capacité à tenir un effort intense de plusieurs heures. En début de course, j’ai opté pour une stratégie prudente avec l’objectif d’y aller progressivement. Quand j’ai vu que j’étais 10e à deux minutes de la tête de course au sommet de la première montée, je me suis que si je gérais bien mon effort, je pouvais revenir sur cette tête de course, même si je n’avais pas de points de repère sur une telle distance."

Tête de course que vous avez pu rejoindre aux alentours du km 23.

"Je me suis alors retrouvé dans un groupe de tête composé de cinq coureurs : trois Français, un Espagnol et moi. Et puis au fil des kilomètres, je me suis retrouvé seul en tête, c’est alors que l’envie de conserver cette position a pris le dessus. À 10 km de l’arrivée, toujours seul en tête, il était alors hors de question de lâcher cette position. Mais quand j’ai vu un Français revenir sur moi à 6 km du but, je me suis dit que c’était fini et que j’allais devoir me contenter d’un podium, ce qui était déjà un exploit en soi. J’ai finalement réussi à le lâcher, avant de voir un autre Français me rejoindre 3 km plus tard. Heureusement, dans la dernière descente, j’ai pu reprendre 50 secondes d’avance et m’imposer en 3 h 43."

Quel était le sentiment au moment de franchir la ligne d’arrivée en tête ?

"C’était juste énorme. Une émotion d’autant plus forte que je ne m’y attendais pas, que personne ne m’attendait. Je ne faisais même pas partie des outsiders, je n’avais pas encore connu de réel coup d’éclat en trail à ce jour, ça a donc été une énorme surprise. On le voit d’ailleurs sur les images de mon arrivée. Je secoue la tête dans tous les sens, j’ai les larmes aux yeux, je n’ose pas y croire. J’étais totalement incrédule."

À froid, on sent que l’émotion est toujours bien présente.

"L’émotion est la même depuis samedi. J’ai bien fêté ça avec les copains dimanche et je commence seulement à réaliser. C’est toujours aussi incroyable et magique."

Cette victoire vous propulse-t-elle dans une autre dimension ?

"Je serai certainement cité parmi les favoris du prochain Euro maintenant (rires). J’espère que ce titre de champion d’Europe va m’ouvrir des portes, que ce titre me permettra de me rapprocher de mon but qui est de revenir un sportif professionnel. Je ne suis qu’au tout début de ma carrière, j’espère que tout ceci débouchera sur de belles choses. Mais ce qui est certain c’est que ma personnalité ne changera pas, que je resterai toujours ce coureur passionné par la montagne. C’est cette passion pour mon sport qui me définit, avant ce titre de champion d’Europe."

Après ces 47 km, vous reverra-t-on plus souvent sur des longues distances ?

"Pourquoi par sur des distances marathon, distance que je souhaitais découvrir cette année. Mais pas plus pour le moment car j’ai encore tellement de belles courses à faire parmi les courtes distances. Mais ce championnat d’Europe m’aura permis de faire tomber certaines barrières psychologiques, me prouvant que je peux être performant sur des courses de plus d’1 h 30."

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