Le Trail des Cisterciens, dans la région de Villers-la-Ville, n'est pas un rendez-vous comme les autres dans le calendrier des coureurs en Belgique. C'est aussi cela qui fait son charme et qui lui permet d'attirer du monde là où d'autres éprouvent bien des difficultés à faire grossir leur peloton.

La première de ses particularités est partagée par d'autres courses proposant plusieurs distances: le rendez-vous se déroule sur deux jours. Les longues distances (65 et 100 km) le samedi et les plus courtes (21 et 36 km) le dimanche.

Moins fréquent, il n'y a ici plus de départ de masse. C'est sa seconde particularité. Instaurés sur les Cisterciens lors de la période Covid, ces départs dits régulés sont devenus la norme. Attention, on ne parle pas de départ libre selon l'humeur des coureurs, mais de départs par petites grappes de participants regroupés selon le niveau de performance estimé par l'indice Betrail. Cela permet de fluidifier le départ, les ravitaillements ainsi que l'après-course, tout en dopant la convivialité de l'événement. Cela change, évidemment, l'ambiance que peut être celle d'un départ réunissant plusieurs centaines de coureurs en un même lieu. Mais les traileurs, selon les retours reçus par l'organisation, apprécient.

Enfin, le Trail des Cisterciens a donc cette autre particularité de proposer un 100 bornes. En Brabant wallon, cela est unique jusqu'à présent, même si un trail sur cette distance est annoncé du côté de Grez-Doiceau l'été prochain. En Belgique, neuf rendez-vous proposent désormais cette distance à trois chiffres, contre cinq en 2019. C'est une distance qui attire donc de plus en plus coureurs et organisateurs. Cinq de ces organisations se tiennent en Wallonie (pour 4 en Flandre), à laquelle on peut également ajouter le concept des 100km Oxfam.

91% d'hommes sur le 100 kilomètres!

Au niveau de la fréquentation, on constate que ce 100 km est essentiellement une distance qui attire les hommes. Sur le Trail des Cisterciens, seuls 9% des participants seront des femmes. C'est bien moins que la moyenne habituelle des trails, où les femmes représentent près de 33% de l'ensemble des participants. Par contre, et ce n'est pas surprenant vu l'ampleur du défi et la rareté d'une telle organisation, on est prêt à faire des kilomètres pour devenir 100 bornards. Près d'un participant sur 5 (18%) vient de l'étranger, dont une bonne partie des départements du Nord de la France (15% des inscrits aux Cisterciens). Au final, seuls 20% des participants au 100 km du Trail des Cisterciens sont des coureurs qui vivent dans le Brabant wallon.

Reste qu'organiser un 100 km trail dans le Brabant wallon est un défi de taille vu l'urbanisation et la topographie des lieux. Les organisateurs réussissent néanmoins à proposer un parcours affichant tout de même 2550 mètres de dénivelé positif, avec une succession de côtes courtes sur l'épreuve: 66 au total! Pour une distance généralement comprise entre 250 et 500 mètres pour toutes ces bosses. La plus "difficile" affiche "seulement" 60 mètres de dénivelé positif. Ce qui rend ce 100 km encore plus usant pour la bonne centaine de participants qui aspire à en venir à bout.