Rentré du Danemark, où avait lieu la reprise des compétitions et où il s’est incliné d’emblée face au Danois Vittinghuis (n°42), Maxime Moreels, 97e mondial, est reparti disputer un tournoi en Allemagne, où il affrontera l’Indien Jayaram (n°61) au premier tour. L’occasion d’évoquer avec le Nivellois de 29 ans, l’impact de la crise sanitaire sur le badminton, son parcours, son avenir et sa vie quotidienne, lui qui habite Tongres pour être le plus proche possible de son lieu d’entraînement au Sart-Tilman.

Maxime, comment s’est passée cette reprise après huit mois sans compétition ?

"Je suis tout simplement content d’avoir pu participer à ce tournoi au Danemark ! Ce n’était pas évident parce que c’était un tableau de 32, auquel je n’ai pas accès en temps normal, étant 97e mondial. Et, surtout, il n’y avait pas de qualification pour ce rendez-vous qu’on peut comparer à un Grand Chelem en tennis. Alors, bien sûr, je me suis incliné face à Vittinghuis, mieux classé que moi, d’autant que, l’an dernier, il figurait encore dans le top 15 ! Le score de 21-13, 21-8 est très sévère et ne reflète pas, selon moi, la physionomie du match. La différence entre nous se situe au niveau de la solidité dans l’échange. J’ai lâché des points faciles alors que nous avons joué quelques longs rallyes, tournant une fois à son avantage, une fois au mien. Mais ce fut franchement une excellente expérience !"

Heureux d’avoir, enfin, repris et aussi de pouvoir enchaîner avec l’Allemagne ?

"Bien sûr ! En Allemagne, il s’agit d’un tableau de 64, mais le rendez-vous est tout aussi relevé. J’aurai comme premier adversaire un Indien, également mieux classé que moi. Ceci dit, je profite du moment parce que je crains que ce seront les deux seuls tournois au calendrier d’ici la fin de saison. Avec la crise sanitaire, le protocole imposé coûte très cher aux organisateurs qui, en outre, ne peuvent compter sur les spectateurs pour rentabiliser leur événement. Il y a bien encore un tournoi au Portugal et l’Euro par équipes, en décembre, mais je doute qu’ils soient organisés vu la situation…"

Après un bon début de saison, vous étiez en course pour la qualification olympique. Et maintenant ?

"Nous avons rendez-vous entre janvier et avril où, si tout va bien, nous jouerons les tournois annulés cette année. Lorsque les compétitions se sont arrêtées, mi-mars, j’étais sur la corde raide pour les Jeux de Tokyo. Dernier qualifié ou premier éliminé ! C’est une situation délicate à vivre car les JO sont, bien entendu, le rêve de toute une carrière, y compris pour moi."

Comment avez-vous géré cette période trouble au niveau des entraînements ?

"Le mieux possible ! Après deux semaines de battement, nous avons pu bénéficier des installations, au Sart-Tilman, comme auparavant. Mais ce n’était pas facile de planifier une préparation sans savoir s’il y aurait des compétitions ou pas. Aujourd’hui, quelques-unes sont là. J’en profite !"

Nivellois d’origine, vous habitez à Tongres. Pas évident sur le plan familial ?

"Je vois mes parents et ma sœur de temps en temps. Eux sont professeurs, donc directement confrontés aux problèmes entourant le virus. Tous, nous sommes prudents, même si, comme tout le monde, notre vie quotidienne est perturbée par cette crise sanitaire. J’espère qu’elle se terminera le plus vite possible."

Sur le plan sportif et financier, comme vous sortez-vous ?

"Écoutez, comme les autres, je me suis adapté. Je n’ai pas de contrat comme sportif de haut niveau, mais je peux compter sur un sponsor. Il m’aide comme il peut… Pour moi, le badminton est plus qu’un métier, c’est une passion ! Et, heureusement, car ce ne sont pas les prize-money des tournois qui peuvent subvenir à nos besoins. Ceci étant, je ne me plains pas. Avec cette crise, d’autres secteurs comme la culture et l’horeca, pour ne citer qu’eux, sont bien plus touchés que le sport. Mais l’incertitude sur l’avenir nous affecte tous."