Brabant Wallon C’est à 8 cadres et 20 jeunes que Sylvain De Weerdt a délivré sa première séance.

"Du travail, du travail et encore du travail", c’est la méthode de Sylvain De Weerdt pour sortir l’AFC Tubize de sa spirale négative, entamée il y a deux ou trois ans.

Le Bruxellois entame sa première expérience en tant qu’entraîneur principal. "Ma philosophie ? Je veux que mon équipe s’adapte à toutes les situations. Je n’ai pas un système de jeu, je pense que mes joueurs doivent modifier leur jeu s’ils sont menés ou s’ils mènent, s’ils affrontent une formation plus forte ou moins forte. Puis il faut aussi adapter le jeu à l’effectif", avance-t-il.

Un bon point, vu que l’effectif est loin d’être formé. Ce lundi, huit cadres étaient présents : Defourny, Alfieri, Nirisarike Ben Yaghlane, Goudiaby, Garlito, Rosenthal et Diawara. Köse, toujours sous contrat, est parti en Turquie effectuer des tests. Vingt jeunes étaient aussi de la partie. "On aimerait amener de jeunes joueurs dans cette équipe, intégrer ceux qui font partie des générations 98 à 2002. Notre souhait est aussi d’avoir des joueurs des environs."

Une quinzaine de nouveaux transferts, sans doute plus confirmés, devraient tout de même débarquer au stade Leburton.

Les supporters tubiziens vont aussi découvrir de nouveaux visages sur le banc de touche, à commencer par Sylvain De Weerdt, qui est responsable de l’académie depuis le mois de janvier. Une belle promotion pour celui qui a vécu treize ans à l’étranger, en travaillant notamment pour la Real Sociedad. "Je développais une stratégie avec les clubs partenaires en Espagne et en France, je mettais en place une méthodologie dans 78 clubs. Puis quand je suis devenu père, je suis revenu en Belgique et j’ai bossé quelques mois à l’Union Saint-Gilloise."

Alors cette nomination, une occasion en or ou un cadeau empoisonné ? "J’ai décelé un grand potentiel démographique, car nous sommes les seuls de D1 Amateurs dans un rayon de vingt kilomètres. Nous possédons de belles infrastructures et les moyens sont identiques à un niveau professionnel. On s’entraîne d’ailleurs en journée."

Les ambitions sont toutefois modérées. "Notre objectif ? On vise le maintien. Nos adversaires se préparent bien, à l’image du RWDM ou de Dender. On veut reconstruire, se consolider, se maintenir, avec un projet à long terme."

Tubize n’a pas les moyens de transférer

 Suite à la descente dans le monde amateur, l’AFC Tubize doit à tout prix faire des économies pour réduire son budget. “Nous devons faire un effort à tous les niveaux. Pour le sportif, nous recherchons une quinzaine de joueurs pour compléter l’effectif, et ça se fera sous la forme de prêts car nous n’avons pas les moyens de transférer. On a eu des discussions avec les joueurs actuels, qui semblent montrer une volonté de rester, vu leur présence ce mardi. On ne pourra cependant pas maintenir les conditions de tous. Certains ont cette volonté de revanche par rapport à la relégation et ne veulent pas quitter le navire”, annonce Josselin Croisé, le directeur général.


La descente, une catastrophe pour l’école de jeunes

La relégation laisse des traces dans l’école des jeunes de l’AFC Tubize : 60 pépites se sont envolées. La descente ne fait pas les affaires de l’école des jeunes tubizienne. “Nos jeunes évolueront en interprovinciaux la saison prochaine. Les conséquences ? Les entraîneurs sont les mêmes, les infrastructures aussi, mais pas les adversaires. Du coup, une soixantaine de jeunes ont décidé de nous quitter. Ils sont partis dans des clubs qui, eux, seront en élite. Il y a Anderlecht, le Standard, Gand, Bruges, Charleroi, Mouscron, OHL, Malines ou l’Union, notamment. Malheureusement, nous nous trouvons au centre de la Belgique et les parents n’hésitent pas à faire une heure en voiture pour emmener leur enfant ailleurs”, regrette Josselin Croisé, le directeur général de l’AFC Tubize.

Voilà l’un des plus beaux centres de formation de la région qui se décompose. “Notre seule chance de conserver les jeunes, c’est de leur proposer un contrat. Mais quand Anderlecht ou le Standard débarque… C’est dérangeant par rapport au travail effectué. Parmi ceux qui restent, il y a de la qualité et nous comptons sur eux. En D1B, la marche était souvent trop haute et certains éléments de l’équipe réserve sont partis. Ce ne sera plus le cas en D1 amateurs et c’est pour nous une nécessité de mettre nos jeunes en lumière.”

Vu l’état des finances, les jeunes auraient pu, en partie, combler le vide laissé par les joueurs étrangers qui ont quitté le navire. “Pour jouer en élite, vous avez besoin d’une licence que vous obtenez en accumulant des points (qualité des infrastructures, diplômes des entraîneurs, résultats des jeunes…) . Trois formations n’avaient pas cette licence : Lommel, Roulers et l’Union Saint-Gilloise. Les deux premiers cités l’ont obtenue après un passage par la CBAS. Pour l’Union, la fédération a délivré une dérogation exceptionnelle. Ils n’ont donc pas respecté les règles et le système qu’ils ont mis en place. On aurait pu récupérer cette place parmi l’élite, car nous avons le nombre de points suffisants. On l’a perdue à cause de notre descente”, analyse Josselin Croisé.