L’aventure américaine de Mathilde Deswaef : “Aux États-Unis, le sportif est au centre de l’attention”

La Bruxelloise Mathilde Deswaef est partie vivre sa passion pour l’athlétisme durant six mois à Portland.

Mathilde Deswaef fait désormais partie des Pilots, le surnom des athlètes de l’université de Portland. ©D. R.
Mathilde Deswaef fait désormais partie des Pilots, le surnom des athlètes de l’université de Portland. ©D. R.

Vivre à fond sa passion pour le sport durant quelques mois aux États-Unis, c’est un souhait que beaucoup d’athlètes ont en commun. Une chance unique que chacun apprécie saisir lorsqu’elle se présente.

Mathilde Deswaef, désormais affilée au CABW, a elle aussi décidé de vivre cette parenthèse américaine puisqu’elle a rejoint les rangs de l’université de Portland pour un semestre. “Depuis que j’ai 18 ans, l’année où je suis devenue championne de Belgique indoor sur 1500 mètres, je reçois pas mal de messages de coachs partout aux États-Unis me demandant si je ne veux pas venir faire mes études chez eux. J’avais à chaque fois refusé car j’avais encore de grandes opportunités à saisir dans les catégories de jeunes avec des participations aux championnats d’Europe ou du monde. Et puis je ne me sentais pas encore assez forte en tant qu’athlète pour vivre cette expérience”, nous confie-t-elle depuis Portland.

Finalement, il y a peu, Mathilde Deswaef a décidé de faire le grand saut. “Mes études sont presque terminées, je suis passée chez les seniors et après une année difficile l’an dernier et une aventure qui ne s’est pas bien terminée avec mon ancien club du White Star, j’avais besoin de changer d’air, de voir quelque chose de nouveau.”

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Partir aux États-Unis est l’occasion de vivre une expérience unique, à tous les niveaux. “C'est une opportunité que j’avais envie de saisir et de vivre. Une opportunité en or au niveau académique puisque je recevrai un certificat en business et même si ce n’est pas forcément mon domaine puisque j’étudie le droit en Belgique, ça peut toujours me servir. Et puis je vais revenir parfaite bilingue. Sportivement, c’est super intéressant de s’entraîner avec une team, de se retrouver dans un groupe d’une vingtaine de filles alors qu’en Belgique, on s’entraîne souvent seule.”

Et puis aux États-Unis, tout est fait pour que les sportifs puissent s’épanouir dans les meilleures conditions. “En Belgique, si vous voulez combiner études et sport, vous devez vous débrouiller par vous-mêmes. Ici, tout est mis en place pour ça se passe de manière fluide. Il y a une véritable philosophie dédiée au sport. Le sportif est au centre de l’attention et tout est fait pour le mettre dans les meilleures conditions possibles pour progresser dans son sport. Une mentalité qu’on ne connaît pas vraiment en Belgique car ce ne sont pas les mêmes structures, ni les mêmes moyens.”

L'uniforme mauve sera la tenue de Mathilde Deswaef pour les six prochains mois.
L'uniforme mauve sera la tenue de Mathilde Deswaef pour les six prochains mois.

La preuve avec une journée type pour un athlète outre-Atlantique. “J’ai entraînement le matin, les cours sont donnés l’après-midi ou en début de soirée, ce qui laisse de la place pour la récupération. Parallèlement à tout ça, comme je termine mon master en droit à Bruxelles, j’essaie de travailler sur mon mémoire. Il n’est pas exclu non plus d’avoir une deuxième séance de sport sur la journée.”

Malgré la différence de culture et la distance avec ses proches, Mathilde a rapidement trouvé sa place à Portland. “La première semaine a été très fatigante avec le jet-lag, des entraînements qui ont directement débuté et une compétition dès mon premier week-end. Tout ça m’a permis de me mettre dans le bain et puis je suis arrivée dans une team formidable, avec des filles très accueillantes.”

Une belle aventure humaine

L’aventure humaine, c’est l’autre facette positive d’une telle expérience. “Vivre une aventure humaine, découvrir une autre culture, c’est extraordinaire. J’en avais parlé avec Michael Somers qui est aussi venu à Portland et m’a donné des conseils. C’est une belle manière de re-aimer son sport, de le découvrir sous d’autres dimensions. Cet esprit d’équipe, c’est ce qui me marque le plus.”

"Une belle manière de re-aimer son sport, de le découvrir sous d'autres dimensions."

À Portland, la Bruxelloise a donc tout à disposition pour progresser. “Comme je ne suis là que pour six mois, le coach a dit que ça ne servait à rien de bousculer ma façon de travailler. Mais je sens déjà que plusieurs points seront intéressants à ramener à Bruxelles. Côté ambitions, je vais commencer par la saison indoor avec la découverte du mile et un peu de 3000 mètres. On verra par la suite ce qu’on peut ajuster pour l’outdoor mais je dois d’abord trouver mes marques.”

À un moment charnière de sa carrière

Le tout, à un moment charnière de sa carrière, mais aussi de sa vie, elle qui fêtera ses 24 ans dans un mois. “Je suis à un moment particulier. Je viens de sortir des catégories jeunes, je vais prochainement terminer mes études, je vais devoir analyser comment j’envisage la suite. Je veux devenir avocate mais j’aimerais aussi poursuivre ma carrière d’athlète. Je dois voir comment je pourrais combiner les deux et ces six mois ici, loin de tout, vont me permettre de déterminer ce que je veux faire, que ce soit au niveau sportif, scolaire et puis professionnel.”

Le bain froid, l'une des nombreuses facilités mise à disposition des athlètes à Portland.
Le bain froid, l'une des nombreuses facilités mise à disposition des athlètes à Portland.

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