Bruxelles Le FC Kraainem a célébré son 2 000e réfugié au sein du club.

En 2015, le club a lancé le projet d’accueillir des réfugiés au sein des équipes. Aujourd’hui, ils sont 2 000 jeunes joueurs à être passés sous les couleurs bleue et jaune de Kraainem.

Le football aide aussi à l’intégration sociale. Voilà ce que veut transmettre le club de Kraainem avec son projet We Welcome Young Refugees qui, depuis septembre 2015, prend sous son aile des réfugiés venant d’une quarantaine de pays différents.

"On s’est demandé ce qu’un club modeste comme le nôtre pouvait faire pour amener sa contribution au processus d’intégration civique de ces garçons", explique Laurent Thieule, le Président du club de Kraainem.

En partenariat avec Fedasil, le F.C. Kraainem s’occupe trois après-midi par semaine des mineurs non-accompagnés (MENA) âgés entre 12 et 18 ans qui sont accueillis aux centres de Rixensart et de Woluwe-Saint-Pierre. Le club se charge de tout, de la conduite du centre vers le terrain d’entraînement jusqu’à l’équipement des jeunes joueurs.

Avant l’entraînement, les réfugiés ont l’opportunité de suivre des tables de conversation pendant une heure en anglais ou en français, dirigées par des enseignants bénévoles. Directement après, ils enfilent leur maillot et se mêlent aux jeunes du club pour la séance d’entraînement. Pour finir, les jeunes réfugiés sont accueillis à la cafétéria avec un repas chaud, un moment où ils peuvent échanger avec les bénévoles et parfois les jeunes du club.

Le club voit en ce projet une opportunité pour ces jeunes de réussir leur parcours d’intégration. Kraainem peut même se vanter d’avoir fait évoluer quelques jeunes dans le milieu footballistique. Des joueurs sont actuellement inclus dans le noyau P4. Certains rêvent de passer pro. Un joueur a même été capitaine de la P2 pour ensuite être transféré à OHL, en D1B.

Selon Laurent Thieule, le club "est une pièce d’un puzzle qui est compliqué, mais qui doit s’installer sur la durée". Le club ne compte pas s’arrêter là. Toujours en association avec Fedasil, l’intégration de réfugiées dans l’équipe féminine est bientôt prévue. Un projet qui prouve que le football peut aussi avoir son mot à dire dans l’intégration sociale de réfugiés.

“Une bonne idée”

 Maan vient de Somalie. Comme beaucoup d’autres, il a traversé la Méditerranée en bateau pour arriver jusqu’ici. Il est en Belgique depuis 4 semaines et a été accueilli au centre de Woluwe-Saint-Pierre. Dès son arrivée, on lui a proposé d’intégrer l’équipe. “C’est vraiment une bonne idée”, dit-il avec enthousiasme au côté de ses amis. Quand on lui demande sa relation avec les autres jeunes de son âge, il répond : “On ne se comprend pas toujours parce que je ne parle pas bien anglais, mais on passe un bon moment quand on joue au football. Ils sont tous gentils.” Maan rêve, comme beaucoup de jeunes, de passer en professionnel. “J’aimerais devenir footballeur plus tard, comme Kevin de Bruyne”, dit-il en souriant.

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