Conscient de la chance qu’il a de pouvoir boxer ce samedi, sur le ring dressé dans la salle Emergence à Ixelles, Geram Eloyan savoure les dernières heures avant d’entrer en scène.

"Cela fait des mois que je me prépare pour ce moment", indique le boxeur de 28 ans. "En réalité, je n’ai jamais vraiment arrêté de m’entraîner. Tout ce qu’il me fallait, c’était une date. Malheureusement, il y a eu plusieurs reports, et j’ai coupé une semaine par-ci par-là, mais cette fois c’est la bonne et je m’en réjouis."

Vainqueur d’un débutant britannique, en janvier dernier au Palais 12, cet ancien champion de Belgique amateurs, membre de la génération dorée du BC Siméon voici quelques années, avait un peu disparu de la circulation entre 2017 et 2019, ce qui explique que sa carrière professionnelle, entamée en 2016, ne compte que 5 combats (4 victoires et 1 défaite aux points contre le Français Kistohurry). "Le temps de lancer mon activité professionnelle en tant qu’indépendant, ce qui n’est jamais simple au début", souligne le sportif d’origine arménienne, actif dans le domaine de la location de voitures avec chauffeurs. "Je travaillais à l’époque 14, 15 voire 16 heures par jour et je n’avais plus d’énergie pour la boxe. Ma motivation, elle aussi, a décliné, je n’avais plus le courage d’aller m’entraîner."

Aujourd’hui Geram Eloyan a réussi à trouver un équilibre entre sa vie professionnelle et son activité sportive, en particulier depuis un an, et il souhaite faire décoller sa carrière dans les prochains mois. "J’ai mis les gants avec Jamoye, Miskirtchian ou plus récemment Francesco Patera au mois d’octobre et j’ai le sentiment que je pourrais me mesurer aux meilleurs boxeurs en Europe", explique le n°1 belge des poids plumes (-57,152 kg). "J'ai faim de combats. J’espère garder de l’activité, monter progressivement dans les classements et recevoir un jour une belle opportunité."

En attendant, Geram Eloyan va s’atteler à disposer de Johnson Tellez, un Sud-Américain basé en Espagne (10-54-5). "Il a beaucoup de défaites mais pas tellement de K.-O.", souligne Geram. "Si je peux écourter le combat, ce sera donc une belle satisfaction."