L’Australien John Bessell a pris congé du hockey pour devenir analyste vidéo et de performances en football. Et pas n’importe où. À l’été 2019, le Club Bruges est venu chercher cette figure bien connue à Bruxelles puisqu’il a coaché le Daring et le Léopold en DH.

John Bessell a débarqué en Belgique en 2009. Il a passé dix ans dans le monde du hockey, comme analyste vidéo pour les équipes nationales mais aussi comme entraîneur principal de Division d’Honneur. Entretien sur son nouveau défi.

John, l’Australie est un pays de hockey. Et depuis des années, vous baigniez dans ce milieu. Pour avoir changé de cap ?

"Le staff technique du Club Bruges a été remplacé en fin de saison 2018/2019. Pour en composer un nouveau, la direction a voulu explorer des pistes pouvant donner l’opportunité de travailler d’une manière différente et innovante. Elle s’est intéressée à ce que faisait le hockey vu les résultats des Red Lions. Elle est ensuite entrée en contact avec moi. J’étais prêt pour un changement dans ma carrière. J’ai pris le risque d’accepter. Désormais je décortique les rencontres et les performances des joueurs, mais pas celles liées au physique. L’adaptation s’est passée sans encombre. J’ai rapidement compris ce qu’on attendait de moi."

Quelle est la grosse différence entre votre travail d’analyste au foot et au hockey ?

"À Bruges, c’est du sept jours sur sept. Nous filmons toutes les sessions d’entraînement. Toutes les performances sont scrutées comme ça nos gars ne peuvent pas se cacher. Avec la Ligue des Champions, nous allons jouer tous les trois jours. Il y aura donc plus de boulot. Mais la collaboration avec le staff se passe très bien. Ça rend la tâche plus facile."

Vous vous adressez parfois aux joueurs directement ?

"Oui. Je réalise des présentations pour eux. Mais également pour le staff. En général, je suis davantage en contact avec l’assistant coach pour la récolte des informations qui seront transmises à Philippe Clément, le T1."

Venant d’une autre discipline, qu’apportez-vous de nouveau au football ?

"Je regarde les matches avec d’autres yeux que quelqu’un qui est dans ce sport depuis longtemps. Je vois et j’analyse d’autres choses. C’est d’ailleurs souvent arrivé qu’on me prenne pour un fou."

Si un grand club belge de football vous a attiré pour vos compétences, cela signifie-t-il que le hockey est en avance dans l’analyse d’images et de données ?

"Je ne crois pas. Chaque sport a une approche différente. Certes, le hockey a bien évolué à ce niveau. Mais le football aussi. Par contre, puisque le football est professionnel, il y a plus de moyens pour disposer de technologies d’analyses variées. Surtout à Bruges. Car le Club veut vraiment grandir dans ce domaine. Enfin, je ne pense pas que l’un ou l’autre sport soit tactiquement plus développé."

Pour votre première année dans vos nouvelles fonctions, vous ne vous êtes pas embêté.

"Une expérience fantastique. Nous avons été champions de Belgique. Je suis allé à Galatasaray, au Real Madrid, à Manchester United, au PSG. Cette saison, nous voulons reconduire notre titre et prendre le plus de points possible en Ligue des Champions. Le tirage des poules a lieu aujourd’hui. Je n’ai pas de préférence pour les adversaires."

Est-ce possible de vous revoir en Division d’Honneur de hockey ?

"Il ne faut jamais dire jamais. Pour le moment, je profite à fond de mon histoire avec Bruges."

“Content d’avoir fait partie de l’aventure”

John Bessell s’est fait un joli nom dans le monde du hockey belge : T1 du Daring, du Léo et de La Gantoise et analyste vidéo des Red Lions. Actif dans le programme des sélections de jeunes de la Fédération. Quand il est arrivé chez nous en 2009, nous étions classés 13e nation mondiale. Depuis quasi deux ans, nous sommes sur le toit du hockey international. “Je suis content d’avoir fait partie de l’aventure. Je tire aussi une certaine satisfaction d’avoir participé à l’évolution de vos champions. Aujourd’hui, même l’équipe B des Red Lions peut battre bien d’autres pays”, confie l’Australien de 42 ans. “Je suis également très chanceux d’avoir pu travailler et apprendre aux côtés de Marc Lammers, Colin Batch ou Shane McLeod.” Le technicien est également très au fait de ce que donne le championnat de Division d’Honneur. Il est encore en contact avec Gilles Vanderschelde, le T2 du Daring. “Je suis heureux que l’équipe première soit compétitive, tant chez les hommes que chez les femmes. C’est un club qui progresse beaucoup. Quant au Léo, il possède une structure très professionnelle. Ils ont de nombreux jeunes super talentueux. Robin Geens dispose d’un groupe qui se connait vraiment bien et qui sait jouer ensemble.”