Bruxelles

C’est peu dire que le dernier procès-verbal du Comité provincial a été diversement apprécié par la corporation des hommes en gris


"Nous, on forme les arbitres mais je comprends leur colère car on tape toujours sur le même clou."
Oliver Lahaye, membre de la Commission de Formation des Arbitres (CFA), explique : "Olivier Monsieur, le président du CP, est logique quand il évoque et rappelle la règle des kilomètres réellement accomplis par les refs au cours d’un week-end (NdlR : Certains arbitres gonflent leurs frais comme si ils revenaient à chaque match chez eux) . Mais les textes dans les statuts peuvent-être interprétés différemment."

Le problème pointé du sifflet par les hommes en gris, c’est le surplace des frais kilométriques. "On est souvent arbitre à l’aller et simple civil au retour. Ce qu’on touche pour les distances ne couvre pas les frais réels."

Un autre arbitre rejoint la mêlée : "On nous parle des kilomètres réellement parcourus qui sont juste admis par le fisc mais on ne tient aucunement compte de l’usure de votre véhicule, de l’essence et des frais de parking. Cela fait des années qu’on nous dit que des discussions sont en cours au niveau AWBB, VBL ou avec le fisc. On ne voit rien venir…"

Quid des clubs qui tirent la langue financièrement ? "Les clubs exigent un arbitrage de qualité mais on ne fait rien pour rendre l’arbitrage qualitatif. Les clubs n’envoient que peu d’arbitres à la Formation. Notre budget provient du CP. Avec 100 visionnements en P2-P3 l’an dernier, il est largement explosé", résume Olivier Lahaye.

Le manque d’arbitres est criant, ce qui génère d’autres problèmes. Le convocateur doit se battre chaque week-end et des rencontres officielles sont remises fautes d’hommes en gris. L’un de ceux-ci nous disait récemment qu’un de ses collègues avait sifflé en Provinciale et Régionale près de 9 rencontres sur son week-end. Avec donc un influx à géométrie variable. Déjà en panne de refs (des matchs sont régulièrement remis), il ne faudrait pas que ces derniers se croisent les bras, cela pénaliserait encore plus les divers championnats.

Des indemnités qui font du surplace

“Nous sommes les parents pauvres du sport belge.” L’affirmation revient souvent dans la bouche des arbitres de la province. Si leurs indemnités d’arbitrage n’ont plus été majorées depuis 10 saisons précisément, ils en ont surtout après leurs frais de déplacement, soit 0,25€ par kilomètre (ce qui serait un montant inférieur par rapport à d’autres sports où les officiels touchent de 0,28 à 0,37 du Km) et 6€ pour un déplacement urbain à l’intérieur de l’agglomération bruxelloise. “ Il faut prendre tout en compte : le prix de l’essence qui ne baisse pas, votre voiture qui s’use et les frais d’horodateurs en vigueur dans de nombreuses communes. Et puis, quand vous sifflez deux ou trois matchs d’affilée au même endroit, il faut aussi manger et puis compter sur Dame Chance pour ne pas être collé car vous avez dépassé les trois heures réglementaires. Tout ça pour se faire engueuler un samedi matin…”