Julien Vanbellaiengh: "Mon objectif est de participer un jour à l’Ironman d’Hawaï"

Triathlète depuis 2019 seulement, Julien Vanbellaiengh, dont l'histoire est particulière, va découvrir la distance Ironman 70.3 des Sables d’Olonne le 3 juillet.

Julien Vanbellaiengh: "Mon objectif est de participer un jour à l’Ironman d’Hawaï"
©DUMONT

Dimanche, Julien Vanbellaiengh va passer une nouvelle étape dans sa jeune carrière de triathlète. À 27 ans, le Sonégien prendra part à un Ironman 70.3 (1900 mètres de natation, 90 km à vélo et un semi-marathon à pied), soit le demi-Ironman, la distance mythique d’Hawaï.

Il voulait d’abord perdre du poids

Une première pour lui, plutôt habitué jusqu'à présent à la distance olympique (1500 m à la nage, 40 km sur le vélo et 10 km à pied). "Le but est d'abord de voir comment le corps réagit à des distances plus longues et à leur enchainement", explique-t-il. "J'y viserai le meilleur classement possible. Après on verra."

Ce sera une nouvelle expérience dans une carrière qu’il a débuté en 2019 dans le triathlon. Si le sport a toujours rythmé sa vie, il est le neveu de Johan Walem et a notamment pratiqué le football, il a pris une place bien plus importante dans son quotidien depuis ses études.

"J'ai guindaillé et j'ai pris pas mal de poids. J'étais à 95kg pour 1m88", se souvient-il. "J'ai alors commencé à courir et je changeais souvent de parcours pour varier. Au début, je participais aux courses pour le plaisir sans réel but mais un jour, l'envie est arrivée de vouloir gagner. Mais pour ça, il fallait encore perdre du poids."

Il réussit alors le défi de perdre 20 kg en un an et de gagner enfin une course après avoir augmenté son volume d'entrainement, passant de 7-8 h à 15 heures semaines. "C'était l'Hype Pop Run à Nivelles il y a quelques années. Ce n'est pas forcément la plus belle mais c'est la première donc c'est assez sympa", sourit-il. "J'ai ensuite augmenté le volume et les distances pour passer sur semi-marathon avec mon coach du CABW Fernand Brasseur mais au plus j'augmentais, au plus j'enchaînais les blessures dont une de stress, c'était fin 2018. J'ai alors eu droit à du vélo dans mon planning d'entraînement car c'était moins traumatisant. Ayant pratiqué la natation et le water-polo dans ma jeunesse à Soignies, je me suis dit pourquoi pas ? De fil en aiguille, l'idée de faire du triathlon a germé."

Un début pas si simple

Pourtant, son histoire personnelle ne le prédestinait pas forcément à devenir un athlète confirmé et à se lancer à vélo sur les routes aux côtés de conducteurs pas toujours respectueux des cyclistes.

"Je ne vois pas vraiment de l'œil gauche, je ne vois que des ombres", lance-t-il. Conséquences d'un accident il y a plus de 20 ans. À 4 ans, celui qui est aujourd'hui juriste à la commune d'Enghien passe en effet sous une voiture : "Polytrauma, il était cassé de partout", se souvient sa maman. "Il a fallu reconstruire son oreille interne. Imaginez-vous, aujourd'hui encore, je souffle seulement quand je le vois rentrer et poser son vélo (sourire)."

Cette particularité à l'œil gauche pourrait l'handicaper. Pas pour lui. "Je ne me souviens plus vraiment ce que c'est de voir des deux yeux", dit-il calmement. "Mais c'est vrai que ça n'a pas été facile au début avec le vélo. Je n'avais jamais roulé sur un vélo de course, ce n'était que du home trainer ou d'appartement. Et surtout, pour l'équilibre, ce n'était pas simple. Mais durant mes entrainements, je garde bien la droite ou alors je les entends arriver. Souvent, je vais dans des routes fermées ou dans le zoning où il y a moins de circulation."

Le Mondial

Ce qui fait que cet œil n'est plus vraiment un handicap et qu'il peut réussir à évoluer dans une discipline où sa première compétition avait lieu seulement fin 2021, Covid oblige. "Dès ma 2e compétition, je me qualifiais pour l'Euro où j'ai terminé, en Pologne, en 2h11'36'', ce qui est mon nouveau record personnel sur la distance olympique, et 48e sur 362." Il ne s'arrêtera pas à cette seule expérience sous les couleurs belges puisqu'il est aussi qualifié pour le Mondial à Abu Dhabi en novembre et se fixe pas mal d'ambitions pour l'avenir. "Devenir pro ou disputer les Jeux, ce sera vraiment mission impossible mais dès que j'ai commencé le triathlon, je me suis dit tout de suite que je voulais aller à Hawaï. Évidemment, je n'y suis pas encore. Je n'ai pas encore parcouru la distance mais ma progression se fera par étapes. Plus je serai performant sur les petites distances, plus je le serai plus tard sur les plus grandes. Sur conseils de mon coach, Yves d'Harvengt, je vais donc continuer la distance olympique encore un peu et je vais tenter d'aller chercher de nouvelles qualifs pour l'Euro ou le Mondial."

Pour ça, ça passera par des chronos améliorés dans chaque discipline. "En course à pied, j’arrive un peu à mon pic, le gain ne dépassera pas une minute. En natation, je suis plutôt bon mais avec le vélo, je peux aller grignoter plusieurs minutes. Surtout, je dois aussi m’améliorer dans les transitions, soit la 4e discipline. J’ai loupé un podium récemment à cause de ça."

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be