Ce dimanche, le site Saint-Julien à Strépy-Bracquegnie a vécu au rythme de la Girls Académy avec le premier tournoi 100 % filles de la Raal. Dispatchés sur plusieurs terrains, les matches se sont enchainés sous forme de tournoi avec un classement en fin de partie même si tout le monde a reçu sa médaille au terme de la compétition.

Initialement prévu en mai et reporté en raison du Covid 19, l’événement louviérois a toutefois trouvé sa place cet été et malgré un nombre d’équipes inférieur par rapport à la première date, ce fut une belle réussite.

Au programme pour les U10, U11, U12 et U13 : le Standard, le Club Bruges, Charleroi ou encore Valenciennes pour les plus jeunes. Bref, des équipes dont la renommée en terme de formation n’est plus à faire. "Ca, on le doit à Ludovic Lo Brutto, le manager. C’est lui qui a abattu un travail monstre pour permettre aux filles de connaitre ça", s’enthousiasme Nicolas Baquet, le responsable du pole filles à la Raal.

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"Cela prouve aussi la réputation et le sérieux de la Raal en termes d’organisation, d’infrastructures ou de niveau", ajoute Ludovic.

Ce plateau prestigieux, il a effectivement offert une opposition de qualités aux Louviéroises. Du lourd surtout pour des filles pas encore rompues à ce niveau.

"Pourtant, mes U10 ont réussi un partage contre Charleroi A et une victoire contre leur équipe B", se félicite Aurélie Croughs, coach dans la section féminine. "Bon contre Valenciennes ou le Standard ou Bruges, on a pris des casquettes mais je trouve que cela reste positif car il y avait bien plus d’une division d’écart. D’un point de vue physique et niveau, c’était bien plus complet. C’était chouette comme tournoi !"

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Enfin contre des filles

L’après-midi, c’est sa collègue Barbara Carlisi qui donnait de la voix sur les différents terrains. A 24 ans, l’ancienne joueuse de D1 à Tertre-Hautrage en est déjà à sa quatrième saison de coach et dimanche à Strépy, ce sont ses "filles" qu’elle encourageait et coachait. "Il y a évidemment encore beaucoup de travail et physiquement, elles ont vu la différence mais cela donne de l’expérience pour ces jeunes joueuses. Cela fait du bien de jouer ce niveau-là."

Habituées à jouer durant la saison contre des garçons, les filles de Barbara ont pu un peu se lâcher et elle n’a pas dû chercher loin les mots pour motiver ses troupes.

"Contre les garçons, elles ont souvent l’impression d’injustice dans la défaite alors que contre les filles, on peut rivaliser."

Une équipe séniors dans les projets

Lancée il y a deux ans, l’Académie 100 % filles grandit à Saint-Julien. Une soixantaine de filles portent le maillot vert et blanc et sont réparties dans quatre catégories. Le club continue surtout de miser aussi sur elles.

"Elles font partie de la Wolves Académie mais tout en ayant leur propre identité", explique Nicolas Baquet, le responsable. Pour l’instant, seules des équipes d’âges sont inscrites en championnat mais ce n’est pas un souci pour les Louviérois. "Non parce que ce n’est pas ça le plus important. Evidemment, dans les deux-trois ans, on envisage clairement d’inscrire une équipe séniors en P2 avec quelques joueuses d’expériences venant de l’extérieur qui renforceront les meilleures jeunes de notre école. Mais pour l’instant, il est surtout important de développer la base de l’iceberg et aussi le projet de jeu. Par exemple, comme pour les garçons et les messieurs, on construit de l’arrière. On ne gagne pas toujours mais avec les enfants, ce n’est pas forcément la gagne qui importe. Nous, ce qu’on veut avant tout, c’est aussi que les filles s’épanouissent chez nous !"

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Le premier Raal-Standard

Le site louviérois avait en tout cas un petit air de D1 même si chaque fille n’avait droit qu’à un accompagnant en raison des mesures sanitaires. "D’ailleurs, je suis certain qu’en période normale, le site aurait été full et on aurait même vu débarquer les supporters de l’équipe masculine", sourit Baquet.

Pour l’anecdote, certains auront d’ailleurs remarqué que depuis le retour de la Raal sur la scène footballistique, c’étaient peut-être les premiers Raal-Standard, Raal-Charleroi ou encore Raal-Club Bruges qui se sont joués. De quoi donner des envie de D1 à un club ambitieux.

"En tout cas que ce soit la D1 ou l’Europe, on y arrivera peut-être plus vite avec les filles qu’avec les messieurs", avance Nicolas Baquet. "Il y a tout à construire. Ce qui m’épate dans ce projet, c’est vraiment l’enthousiasme et l’engagement des filles. Ce projet 100 % filles, il donne aussi une vitrine à la Raal."