Centre Le Rœulx-FC Snef-Tyber : l’amitié en tête d’affiche pour lancer la saison en P1.

Pour les inconditionnels de football fleurant bon le terroir, c’est-à-dire celui où l’échauffement se déroule simultanément à la buvette et sur le terrain et où la troisième mi-temps demeure invariablement la plus longue, avec l’insoutenable suspense pour savoir qui va mettre la dernière tournée, une seule adresse après-demain (19 h) : Rempart des Arbalestriers, au Rœulx.

Là où le plus atypique des entraîneurs du Centre, Piero Rizzo, s’apprête à accueillir, en grande pompe (à bière, cela va de soi), son pote, Rudi Navez, en lever de rideau de la saison 2019-2020 en P1.

Pour la petite histoire, il n’est pas inutile de rappeler que Rudi, avant de veiller aux intérêts du FC Snef-Tyber, fut le T2 de Piero, lui qui entame sa 17e saison à la tête de la formation rhodienne. Seuls Sir Alex Ferguson, Arsène Wenger et Guy Roux ont fait mieux en matière de fidélité !

C’est d’ailleurs à l’occasion d’un match amical entre ces deux clubs à Seneffe que Rudi Navez décida de lier sa destinée sportive à celle des Verts alors en P3.

"Le contrat de Toni Casto n’ayant pas été renouvelé, le président, Michel Charlier, m’a proposé le poste de T1. Le deal s’est conclu sur le coin d’un comptoir", raconte Rudi.

"J’étais content qu’il puisse rebondir là-bas, confesse Piero. Mais d’un autre côté, c’est à contre-cœur que je l’ai vu partir car je l’avais toujours considéré comme un T1 bis et pas comme un subalterne."

En 1983 , nos deux acolytes avaient évolué côte à côte sous le maillot du FC Saint-Vaast : "Piero jouait devant et moi arrière gauche. Notre amitié indéfectible remonte à cette époque", révèle Rudi avant de nous en dire plus sur son complice de tous les jours : "Piero, c’est un mec authentique, un passionné avec beaucoup de valeurs humaines".

Un compliment qui revient comme un boomerang quand on pose la même question au coach du Rœulx : "Rudi, c’est l’ami fidèle et honnête. Nous sommes à ce point liés que nous nous échangeons volontiers nos états d’âme lorsque nous en éprouvons le besoin".

Propos corroborés par le citoyen saint-vaastois : "Piero et moi, nous sommes deux tombes (sic). Jamais personne ne sera mis au courant de la teneur de nos confidences. Nous gardons notre jardin secret".

Si Piero avoue être d’une nature plus exubérante que son alter ego, il tient quand même à souligner : "Rudi peut être un joyeux fêtard, en toute discrétion (rires)".

Ce ne sera en fait pas la première fois de leur vie qu’ils prendront place sur le banc en tant que rivaux. Piero raconte : "Rudi drivait Écaussinnes qui n’avait connu que des victoires lorsqu’il est venu au Rœulx. Pendant le match, j’ai dû mettre un joueur de champ dans le but, ce qui ne nous a pas empêché de l’emporter 2-1".

Les inséparables (ils se téléphonent tous les jours) ont d’ailleurs trinqué en notre compagnie, à la santé d’une connivence qui restera inaltérable, quelle que soit l’issue de la rencontre : "Nous sommes tous deux des compétiteurs, épris de notre job et qui aimons faire mousser l’adrénaline", conclut Rudi.

De là à miser sur un partage de frères…

Un galopin de Saint-Feuillien offert !

 Il y aura de multiples raisons légitimes de se déplacer au Rempart des Arbalestriers ce samedi. Pas d’envol de montgolfières mais pour tous ceux qui apprécient Piero Rizzo et sa gouaille frondeuse (privés de banc à seize reprises la saison dernière…), ce sera l’occasion de lui souhaiter un vibrant anniversaire (le 58 e), tout en se délectant d’un galopin de Saint-Feuillien offert par la Brasserie Friart et sur présentation du ticket d’entrée.

Outre son sens aigu de l’hospitalité, le club du Rœulx ne recèle en ses rangs que de joyeux guerriers (il y en a encore quatre en vacances) dont certains allument encore une clope avant de monter sur le terrain : “Je demande simplement à mes joueurs de se livrer à fond durant une heure et demie. À domicile, nous ne craignons personne. Les meilleurs redoutent de nous rendre visite”, affirme Piero, qui va devoir se trouver de nouveaux buteurs, avec les départs de Lespagne et de Losacco à Binche. Notre interlocuteur ne s’en inquiète pas : “Bah, je suis persuadé que quelqu’un d’autre va leur succéder mais je ne sais pas encore qui (rires). Avec la façon de jouer qui est la nôtre (NdlR : proche du tourbillon japonais) , je n’ai jamais connu de problèmes d’attaquants”.

Avant tout soucieux d’installer l’AC dans la pérennité, celle de la P1, il ne déplairait pas à P. Rizzo de jouer les trouble-fête : “Ce n’est qu’un souhait personnel mais j’aimerais, si c’est possible, tutoyer le haut du pavé, même si nous n’appartenons pas à la catégorie des cadors. N’empêche, la saison passée, Le Rœulx s’est quand même payé quelques ténors”.

L'équipe de Snef.
L'équipe de Snef. © Matton

“Que chacun retrousse ses manches !”

Autodidacte performant, Rudi Navez ne possède aucun diplôme mais, pour avoir roulé sa bosse un peu partout dans le Hainaut et notamment au Stade Brainois où il avait relayé le regretté Arturo Vergallo, il hume parfaitement l’odeur d’un vestiaire, ce qui lui permet de passer les bons messages aux bons moments.

Humilité et lucidité allant aussi de pair chez lui, il sait pertinemment bien que le nouvel univers du FC Snef-Tyber risque d’être souvent impitoyable. “Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure mais parmi les neuf équipes hennuyères militant en D3 amateurs, il ne faudrait pas s’étonner, sans être devin, que l’une d’entre elles passe à la trappe. C’est dire s’il importe de placer la barre à hauteur du top 12, souligne Rudi. Il y a bon nombre de formations inabordables comme Binche, Monceau ou encore Hornu, mais il y en a d’autres comme Molenbaix, Gilly et Warcoing qui boxent, en principe, dans la même catégorie que nous. À nous de retrousser nos manches et d’apprendre à grandir le plus vite possible, tout en sachant que le niveau d’exigence sera bien plus élevé.”

Outre les importants travaux d’aménagement entrepris au Chemin de Maffle, Rudi Navez est parallèlement appelé à construire un groupe qui tienne bien la route. Magro et Delvienne partis sous d’autres cieux, la période de recrutement s’est révélée délicate : “Pas de mécène chez nous, il n’est donc pas question de mettre l’équilibre budgétaire en péril. Parmi les quatre-vingt-une candidatures reçues, la préférence a été donnée aux profils capables de s’intégrer rapidement. L’autre priorité est d’aguerrir nos jeunes.”