Le joueur de l'Olympic (D1 amateurs) est souvent la cible des adversaires, comme ce fut le cas voici quelques jours à Maasmechelen.

Depuis le coup d’envoi de la saison, Amine Jiyar est en verve. Les adversaires le savent et n’hésitent pas à user des pires stratagèmes pour l’empêcher de nuire. Même le racisme est bon pour tenter de sortir le joueur de son match. Entretien.

Amine Jiyar, vous avez l’air déçu de votre match contre La Louvière ?

"Je dois être décisif. Depuis le coup d’envoi de la saison, je me sens bien. Je multiplie les bons mouvements pour aider l’équipe. Face aux Loups, je n’étais pas dans le coup."

Cette saison, vous êtes davantage décisif.

"J’ai été replacé. Je touche beaucoup plus de ballons. Je parviens à marquer et à délivrer des assists. C’est ce que me demande le coach. Je me sens bien dans ce groupe. Je veux tout faire pour continuer de la sorte."

À un tel point que vous êtes matraqué au cours de chaque rencontre…

"C’est vrai que j’essuie plus de coups que par le passé. Durant tout un match, cela ne s’arrête jamais. Parfois, l’arbitre le voit et sanctionne. D’autres fois… cela fait partie de mon jeu, même si c’est frustrant. Quand tu commences une belle action et que tu veux t’exprimer, tu es rapidement coupé dans ton élan. Mais, au moins, j’offre des coups francs à Kévin Van Den Kerkhof."

Dernièrement, c’est allé plus loin qu’une simple faute. C’est même allé trop loin…

"Un joueur de Maasmechelen. En plus des tacles, il n’a pas arrêté de m’insulter. Il a tenu des propos racistes. Il n’a même pas reçu un carton de toute la rencontre. Je suis pourtant persuadé que l’arbitre l’a entendu à l’une ou l’autre reprise. Cette attitude et le fait que l’on perdait, j’ai craqué. Je n’ai pas pu retenir mes larmes. C’était trop."

À ce sujet, comment faites-vous pour ne pas avoir un mauvais geste, durant toute une rencontre ?

"Au fond de moi, j’ai la rage. Mais je dois me contenir. Je n’ai pas le droit de pénaliser l’équipe. Elle a besoin de moi. Je dois continuer, même si c’est dur."

Le soutien des suppporters, ce week-end, avec des banderoles contre le racisme vous a fait plaisir ?

"On a la chance d’avoir de chouettes fans. En fait, parfois, je me dis que ce qui est dur, c’est pour les joueurs d’origine étrangère qui évoluent au sein de ces clubs où certains joueurs et supporters sont racistes !"