Charleroi À 16 ans, Victor Brismez est titulaire en D3 et sait le chemin qui reste à parcourir.

Il a fêté ses 16 ans en mars dernier et déjà, Victor Brismez s’impose peu à peu dans un effectif mené de main de maître par un Roch Gérard qui n’a pas la réputation de flatter ses dirigeants ou de faire plaisir gratuitement aux jeunes mis à sa disposition. Si le garçon fait partie du groupe, c’est qu’il le mérite. Point final : "Il a toujours été un peu au-dessus du lot en équipe de jeunes et c’est de manière assez légitime, je pense, qu’il a intégré le noyau", entamait avec retenue mais objectivité Olivier, le paternel, véritable cheville ouvrière d’un club où il fut joueur, entraîneur et désormais responsable sportif.

Cela valut forcément des réflexions désobligeantes. Pas facile en effet d’être le "fils de" : "Je me demande d’ailleurs comment Victor a fait pour passer outre cela alors que j’avais souvent du mal à ne pas répondre aux quelques idiots", entamait Olivier.

Le visage encore quelque peu puéril, des yeux bleus profonds et un sourire qui fera, nul doute, des ravages, le "gamin" vit en effet cela avec un louable détachement : "Je n’ai jamais prêté attention à tout cela. Les seuls conseils de mes coachs ou de mes partenaires plus âgés retiennent en fait mon attention. Vous savez, quand Rocco Antenucci, notre capitaine et relais du coach sur le terrain, pousse sa bonne gueulante, vous avez vite compris", s’amuse l’adolescent qui peut en plus bénéficier des conseils de "Tonton Maxime" qui lui aussi, très tôt, avait intégré l’équipe du PAC/Buzet et a dû composer longtemps avec un frangin coach : "Si je jouais, c’était parce que j’étais le "frère de" et s’il ne m’alignait pas, c’était à notre maman qu’il avait affaire (rires). Mais Victor est pétri de qualités et hormis un jeu de tête à soigner, je ne vois pas bien ce qui arrêtera sa progression", développait Maxime qui désormais apporte toute son expérience à la P2 du club.

L’avis du grand-père, Jean, transpire la bienveillance, quoi de plus normal pour un homme qui a 6 petits-enfants parmi lesquels un seul garçon , Victor : "Il a toutes les qualités sportives et humaines pour réussir et une fois le physique complètement développé il n’en sera que meilleur", enchérissait le patriarche.

Victor, quant à lui, reste on ne peut plus zen et si Harry Kayne reste son modèle, il envisage son avenir avec déjà beaucoup de philosophie. "J’ai encore beaucoup à apprendre ici et si d’autres propositions venaient un jour nous y réfléchirions car évoluer le plus haut possible reste l’objectif."

"Un départ ? Pourquoi pas ? Mais il faudra derrière un vrai projet car combien de gamins ne se sont-ils pas fait avoir par de vaines promesses dans des clubs parfois huppés", intervenait Olivier.

Une chose est évidente, entouré comme il l’est par un cocon familial tourné vers sa passion, le talent de Victor ne pourra que croître et exploser.

Un plan sur 10 ans

 L’éclosion de Victor Brismez n’est pas l’exception. Celle-ci fait partie d’un plan mis en place voici 8 ans par le club de la rue Notre-Dame qui se remettait difficilement de quelques errements dus à un premier passage en nationale plutôt mal négocié. 

  “Pour qu’un club reste familial, il faut des gamins du cru en équipe 1. Tout est question de volonté et dès les U7, nous avons décidé de travailler le long terme. Les Franquart, le précurseur, Ficheroulle, Pechennart qui défendra nos buts la semaine prochaine, suspension de Delwarte oblige, et toute une volée de gamins actuellement toujours en écolage en P2 ont bénéficié de conditions particulières d’entraînement. D’autres viendront, je vous le promets. Dany Jonhson, notre DT, ne cesse, grâce à des séances spécifiques, de travailler chez chacun, les points faibles. Le travail paye toujours et aujourd’hui, nous en récoltons les fruits. Nous avons aussi fait passer à plusieurs ‘gam-ins’ le brevet C de formateur fédéral et ce afin de les impliquer encore un peu plus dans notre projet. Ajoutez à cela un encadrement, tant en D3 qu’en P2 de cadres expérimentés qui prodiguent leurs précieux conseils et vous aurez compris que le PAC et ses 300 gamins risquent d’être pérennes dans le paysage footballistique dans la région”, argumentait, déterminé, Olivier Brismez.