A 22 ans, Yassine Abdelali est à un tournant de sa carrière. Prometteur joueur de Gand chez les jeunes, le Gillicien a accompagné le groupe pro à quelques reprises, notamment en Europa League. Malheureusement pour lui, le Carolo n’a jamais reçu sa chance.

"Ce fut la même chose avec l’Antwerp", explique l’intéressé. "J’ai pu côtoyer l’équipe A, m’entraîner avec elle. Mais je n’ai pas eu le plaisir de pouvoir m’exprimer en match. Il était donc temps pour moi de prendre une grande décision."

Pour les jeunes dans son cas, il existe deux possibilités : descendre dans la hiérarchie avec le mince espoir de retrouver l’élite ou… s’exporter. Yassine a opté pour la deuxième option.

 

"Je n’ai pas songé une seconde à aller en D1 ou D2 amateurs. Je connais mes qualités. J’ai sacrifié des choses pour le football. Je sais que je peux réussir au plus haut niveau."

Son pari ? Evoluer en D1 marocaine, un pays où le football est roi. "Malheureusement, le club a été relégué. Mais on joue la tête, avec deux autres équipes. L’ambition est de retrouver l’élite dès la saison prochaine. D’ailleurs, ce samedi, nous avons un match très important contre l’un de nos co-leaders."

Un sommet ce samedi

Khouribga, le club de Yassine Abdelali, défie Dcheira, pour frapper un grand coup. L’homme et ses coéquipiers n’auront pas le droit à l’erreur. " Ici, il y a une véritable ferveur. Mon club est important. Les supporters attendent beaucoup de nos résultats. Il y a une certaine pression. Mais elle me galvanise. Elle me fait comprendre qu’on joue pour quelque-chose d’important. C’est une belle motivation."
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Même s’il a eu besoin d’un temps d’adaptation, le Gillicien a rapidement trouvé ses marques. "Au départ, ce ne fut pas simple. Il y a chaleur avec laquelle il faut composer. Sans rire, cela change beaucoup de choses pour un joueur. C’est également un championnat plus physique qu’en Belgique. Il faut savoir s’imposer sur le terrain. Mais j’ai bien travaillé pour y parvenir. L’entraîneur l’a remarqué et je reçois ma chance. Ce n’est que le début. Je ne vais rien lâcher."


"Je vis, je mange et je dos football"

Formé dans de beaux clubs, comme le Sporting, Gand et l’Antwerp, Yassine Abdelali attendait sa chance chez les A depuis longtemps. " Ici, j’ai un contrat professionnel jusqu’en 2023. Je vis football, je mange football, je dors football. Je vis seul, loin de ma famille. Ce n’est pas facile, surtout avec cette période. Mais je sais ce que j’ai à faire. Je suis concentré à 100% sur mes objectifs."


Le travail semble porter ses fruits. "J’ai enfin marqué mon premier but, chez les pros. Notre club était dans un match difficile. C’était 0-0. J’ai pris ma chance et cela a fonctionné. J’ai ressenti une énorme délivrance au fond de moi. Je l’attendais ce goal, dans ma carrière. J'ai confirmé récemment au cours d'une rencontre amicale avec une nouvelle réalisation."
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 Ce fan de Zidane et de Boussoufa sait que la réussite passe par les sacrifices.  "Je n’ai pas un plan précis de carrière en tête. C’est trop tôt. Ici, je suis au Maroc. La prochaine étape est de pouvoir y évoluer en D1 pour me mesurer aux meilleurs joueurs. Le club me fait confiance. L’entraîneur m’utilise en 10 ou sur l’aile. Je suis heureux de pouvoir gagner du temps de jeu et de l’expérience."

 Appelé chez les jeunes du Maroc, par le passé, le jeune homme a les Lions de l’Atlas dans un coin de sa tête. Il sait que cela passera par de belles performances. A Charleroi, tous sont derrière lui. " Je reçois un énorme soutien de mes amis et des gens de la région."